Actualité de la runnosphère, Course
BOSTON 2011: L’histoire d’un rêve éveillé
 
7 commentaires

Serge GIRARD écrit sur son site : « La route est longue pour celui qui ne va pas au bout de ses rêves« . Cette maxime résume bien ce que je ne veux surtout pas vivre surtout après 10 ans d’arrêt de course à pieds.

J’ai des rêves, pleins, comme tout à chacun mais moi ils sont surtout axés sport et running plus particulièrement. J’ai en plus la chance de vivre çà avec ma chère et tendre en agrémentant chaque voyage d’une partie visite au moins aussi importante que celle du Marathon, car c’est de çà qu’il s’agit ici.

Des Marathons il y en a beaucoup : des grands, des petits, des commerciaux, des sentimentaux, des plus ou moins reconnus, mais il y a surtout mes incontournables à faire ABSOLUMENT !!!

Moi qui ne peux plus prétendre aux perfs d’antan (2h47’ en 1993), je vis chacun d’entre eux comme un évènement rare.

Il y a eu PARIS (2 fois à mes débuts), DUBLIN (mon 1er à l’étranger), NEW YORK (pour rassurer les profanes sur ma capacités à être Marathonien, effectivement vous pouvez avoir fait 200 Marathons dans le monde entier vous avez l’impression de n’être rien si vous n’avez pas fait NY, essayez autour de vous pour voir !!!), LA CREUSE (parce que c’est mon pays) mais le rêve restait BOSTON (pourquoi me direz-vous ?)

 

A french guy in Boston

 

Quelques chiffres d’abord :

  • 115 ans (le plus vieux du Monde tout simplement, pour un Pays dont l’histoire a commencé en 1776 çà compte beaucoup !)
  • Le 1er Marathon à avoir accepté les femmes dans les années 1970 (c’est pas vieux hein ?), même si tout n’a pas été simple !
  • 28 000 coureurs à 90% qualifiés (3000 en moins de 3h, 5000 en moins de 3h10 et près de 9000 en moins de 3h20). Les 10% restants sont réservés aux Tours Opérateurs étrangers notamment Français. Tout çà va vite changer car à partir de 2012, il va devenir de plus en plus dur de se qualifier à cause du durcissement des critères de temps.
  • 1 000 000 de spectateurs qui, contrairement à chez nous, ne râlent pas parce que la route est barrée et qu’ils ne peuvent pas aller chercher leur pain en voiture à 200m de là. Ici, tout le monde vit çà comme un grand évènement (notamment parce que c’est aussi le Patriot’s Day), barbecues, chaises pliantes, couvertures, tout est de sortie pour vivre et partager le Marathon.

Alors ?

Tout d’abord à cause des World Majors, quésako ? Un club très fermé des 5 plus gros Marathons du Monde (NY, BERLIN, CHICAGO, LONDRES et donc BOSTON). J’ai la chance aujourd’hui d’en avoir fait 3 (NY, BERLIN, BOSTON)

Ensuite pour vivre l’ambiance unique décrite ci-dessus ainsi que le passage de Wellesley Collége.

Enfin pour retourner au Pays de l’Oncle Sam qui si on l’aime ou si on le déteste, ne laisse jamais indifférent !

 

Quand la tension monte...

La course :

Tout commence par la Friend Run le dimanche qui, cette fois est devenue une course officielle de 5kms à 40$ l’inscription pour tous ceux et celles qui ne pourront pas être du Marathon le lendemain !

Nous la ferons en « pirate » comme ils disent ici, sans à dire sans dossard, malgré tout les organisateurs pousserons l’accueil jusqu’à offrir la médaille de la course ainsi que les différents cadeaux d’après course sans distinction aucune : la grande classe !

Le village Marathon : véritable « église » dédiée à la course à pieds sous toutes ses formes avec une organisation impeccable placée sous le signe du business bien évidemment ! Un exemple : le blouson ADIDAS aux couleurs de l’édition 2011 (80000 exemplaires à 89$ pièce, presque tous vendus en 3 jours, un CA global de 7M$ !)

Le Marathon enfin !

Les larmes et les frissons m’envahissent encore rien que d’en parler tellement l’émotion est forte autour de nous à ce moment-là !

HOPKINGTON (style WOODSTOCK), les bénévoles par milliers enthousiasmés par mon costume du jour (sourires, photos, encouragements, le bonheur total quoi !)

L’hymne US au départ et toutes ses mains sur le cœur (au contrainte de tous ses abrutis qui sifflent la Marseillaise ou brûlent des drapeaux)

Le départ déjà, sans bousculades ou empressement, tous les coureurs partant vers un même rêve qu’il soit sportif ou comme moi tout simplement participatif (même si ici le mot prend tout son sens !)

 

Effervescence à l'américaine

L’ambiance folle déjà, 1 rang, 2 rangs, 10 rangs de spectateurs, inimaginables instants de grâce ! Le costume rajoute une note de folie et d’insouciance comme s’il en était encore besoin. La mariée est belle et tout semble si simple, si aérien à ce moment-là que rien d’autre n’a d’importance même le fait que je sois mal à cause de la bouffe ingurgité ces derniers jours.

Des mains tendus, des sourires, des wou-hou par milliers, des « Nice Jacket ou I love it », les kms défilent très (trop) vite.

WELLESLEY Collège arrive, et avec lui ses cohortes de filles hystériques et passionnées à l’extrême. Inimaginable vu de l’extérieur (malgré quelques vidéos sur Youtube pour se préparer mentalement)

La 2éme partie de la course paraît plus simple avec ce coup de boost, je veux continuer à vivre chaque instant.

BOSTON Collège : les lycéennes sont pré-pubères certes mais la passion reste la même et même les garçons s’y mettent.

L’arrivée déjà, je sors mon camescope pour les dernières images et sans doute que je ralentis aussi. Quel paradoxe pour celui qui a tant couru pour la perf il y a peu !!!

La médaille (la 21éme) remise avec le sourire et la bise, quémandée certes, mais donnée avec tant de passion et de reconnaissance.

Le retour vers l’hôtel avec mon « habit de lumière » est un prolongement de ce souvenir qui restera à jamais dans ma mémoire.

L’avion décolle vers la France mais moi je reste dans les nuages et pour un long moment encore sans doute.

Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de chrono final, de place, de scratch ce qui montre bien que l’essentiel est ailleurs !!!

Merci de m’avoir lu si vous êtes encore là bien sûr 😉

 

He ran it !

 

Commentaires (7)
Trackbacks (0)
Daniel
samedi 23 avril 2011, à 16:22
Non seulement je t'ai lu jusqu'au bout, mais..je t'ai même relu !

A tous ceux qui se demandent pourquoi l'on court comme des mécaniques et s'interrogent sur ce que l'on peut ressentir de magique, d'enthousiasmant et d'incomparable à terminer (moi aussi je dis juste "terminer") un marathon, je conseille de lire tes lignes !...

Le premier reste un souvenir merveilleux, les autres ne sont que des moments de bonheur intense. Et, après, quant les perfs' ne sont plus un but, il reste simplement... la course, mais tu l'as dit encore bien mieux que moi !! Long running encore à toi.
Djailla
samedi 23 avril 2011, à 18:50
Tu pourrais m'expliquer l'origine de ton déguisement ? C'est déjà assez dur de courir un marathon, mais en plus déguisé, beau challenge !
Julien
samedi 23 avril 2011, à 19:20
Merci de nous faire partager un peu de ton rêve ;)
j'ai bien aimé lire jusqu'au bout !
Thepinkrunner
Calimero
samedi 23 avril 2011, à 19:49
@Djailla : La Provence bien sûr;-))
Il y a même un journaliste du BOSTON Hérald qui m'a demandé à l'arrivée si tout les gens de ma province étaient habillés comme moi ;-))
Merci à vous!
François D.
dimanche 24 avril 2011, à 11:22
Tu as bien décrit ton rêve de courir Boston. Je suis de Québec et je l'ai fait quelques fois, la dernière étant le 100ième en 1996. Merci de m'avoir fait revivre par ton récit de si belles émotions.
Maya972
mardi 26 avril 2011, à 11:52
Tu t'es bien fait plaisir et comme tu le dis peu importe le chrono. Tu as pu vivre cette belle aventure et ce sont ses merveilleux souvenirs qui resteront !
On ne parle plus de performance mais de passion !! Bravo à toi !
buzzy le colibri
mardi 26 avril 2011, à 16:05
Un grand bravo et merci pour ce récit !
Laissez un commentaire

Soumettre

Aucun trackback pour le moment