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Saintélyon: ils l’ont faite!
 
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Saintélyon 2012: la Runnosphère y était!

Saintélyon 2012: la Runnosphère y était!

La Runnosphère était présente à l’événement incontournable de fin d’année pour tout coureur: la Saintélyon! Même si il y a eu quelques abandons avant le départ (dont le miens), plusieurs membres de la Runnosphère ont réussi le défi de courir les 70km entre Saint-Étienne et Lyon, dans des conditions difficiles, ce qui leur donne encore plus de mérites. C’est bien au chaud, au coin de la cheminée que je retrouve 6 des vaillants finishers runnosphériens: Giao, Grégo, Julien, Bertrand, Nico et Franck. Autour d’un chocolat chaud, et après une bonne nuit de sommeil, ils reviennent sur leur course.

Moi: « Alors les gars, cette Sainté? »

Les gars, ils démarrent au quart de tour et répondent dans un brouhaha où j’entends les mots « Superbe », « Longue« , « Blanche« , « Magique« , « Prenante« , « Sacrée épreuve« , « Surréaliste« , « Dantesque« , … les mots fusent dans tous les sens.

Moi: Doucement les gars!

C’est Nico qui prend la parole: « Éprouvante ! Je crois que je suis passé par tous les états possibles tant sur le plan physique que psychique. Une belle expérience!« . Giao enchérit « Moi, j’ai retrouvé l’esprit qui m’avait tant fait vibrer l’année dernière et j’y retournerai une troisième fois avec plaisir en 2013″.

Moi: Bon, commençons par le début: Pourquoi la Sainté?

« La Sainté, c’est LA course dans ma région, répond Julien. C’est LE gros défi que je me suis lancé avec mes potes Mag et Bert. Après la SaintExpress en 2010 (déjà un beau morceau givré!) « pour voir », le solo 68km l’année dernière « pour voir l’ultra », je reviens cette année pour confirmer et chasser le chrono ! » Le second autochtone, Grégo, ajoute: « C’est une course qui a également du sens pour moi car je suis « RhônesAlpin », en l’occurrence né à Lyon et j’ai vécu ma prime jeunesse à Saint-Étienne. La première fois que j’en ai entendu parlé remonte à mes années collège dans les années 80 (mon prof de math nous disait qu’il la courrait)… mais je détestais la course d’endurance… tout comme mon prof de math. C’était il y a 27 ans. Et puis, un jour, je me suis mis à la course à pied, et puis une personne m’en a parlé et j’en ai eu envie ; c’était il y a 3 ans. Cette année, c’était ma troisième STL consécutive. » Pour Nico et Franck, c’est la Runnosphère qui les avait motivés. « L’idée de faire un jour la Saintélyon a germé en 2010 en suivant sur le live la course des amis de la Runnosphère. En 2011, je participe à la Saintéxpress avec une préparation un peu perturbée; je finirais la course un peu à l’agonie, mais avec l’envie de revenir plus fort, et sur le raid solo. » explique Nico. Franck poursuit: « A la base, c’est une revanche sur l’année dernière. Je n’avais pas pu participer à cause de mes deux fractures (métatarse et calcaneum). Et puis je savais que beaucoup de membres de la Runnosphère faisait cette course… je me doutais que ça pouvait être fun!« .

Moi: « Justement Franck, tu dis que ça pouvait être fun. Mais la semaine qui précède la course, la météo annonce une chute des températures, de la neige. Automatiquement, on se souvient de la Saintélyon 2010 qui avait laissé des traces. Vous réagissez comment? Giao? »

Il me répond avec son éternel sourire: « Je me disais que la neige c’est moins salissant que la boue! » Tout le monde se met à rire! « Plus sérieusement, je pense qu’avec les chaussures de trail ce n’est pas très gênant. Après la CCC où j’avais terminé en hypothermie au bout de 23h de course, les basses températures ne me faisaient plus vraiment peur ».
– « Je me dis que c’est l’édition Saintélyon 2010 bis repetita qui s’annonce, youpii ! »
explique Grégo en levant les bras. « J’ai hâte de revoir le balais des frontales sur la neige. »
– « Moi aussi je suis dans une optique « fait toi plaisir tu as rien à perdre ». J’ai couru un trail par -8° en février, je sais que l’on se réchauffe vite donc j’avais pas forcément peur du froid »
nous explique Bertrand, arrivé tout récemment dans la communauté Runnosphère. « Et j’ai également fait des trails blancs, ça m’avait plu. Mon seul stress deux heures encore avant le départ, c’était de choisir les chaussures avec lesquelles j’allais courir. Route ou Trail? J’ai choisi les routes et j’étais content de ce choix! »

Finalement, seul Nico, pour qui c’est sa première grosse distance et donc sa première Saintélyon, semble soucieux du temps qu’il faisait: « Moi, je vais tous les jours consulter les prévisions météo, la pression monte doucement, je fignole et adapte le matériel que je vais emmener. Je me sens prêt pour affronter les 70 km de l’épreuve. J’ai très peu couru les 3 dernières semaines, mais du coup je me sens reposé et en forme ! »

SaintéLyon 2012: Julien (à droite) avec ses deux compères

SaintéLyon 2012: Julien (à droite) avec ses deux compères

Moi: « Le jour J, la neige est là, tout le monde se retrouve au Parc Expo de Saint-Etienne. L’attente, c’est plutôt « stress et pression qui monte » ou « détente avec les potes »? »
– « J’ai toujours tout fait pour éviter de perdre mon temps et mon énergie dans le brouhaha du palais des sports », explique notre Mangeur de Cailloux. « Mais c’est vrai qu’avec les amis qui habitent Saint-Étienne, c’est plus facile… Du coup, je suis arrivé sur place vers 23h20, juste à l’heure pour aller me placer dans le sas de départ. »
– « Aucune pression pour ma part », nous dit Franck. Avant d’ajouter: « Bon, ma femme ne dirait pas ça, il parait que j’étais intenable à la maison ! (rires) Je suis resté au chaud jusqu’au dernier moment. Parti de la maison à 22h environ, après une sieste sur le coup de 18h, je n’ai pas eu à la gérer, l’attente. En arrivant à 23h15 après un dernier repos dans la voiture, je rejoins rapidement Antoine, Chrys, Julien, Bert’s et Romain et on file dans les sas de départ… facile ! »
J’ai fait de grosses courses cette année (6000D, CCC, Grand Raid de la Réunion) et la SaintéLyon faisait plus sortie bucolique de fin de saison pour me détendre dans mon esprit » nous explique Giao. « J’y allais sans pression mais lorsque je suis entré dans l’immense hangar qui regroupait des milliers de coureurs, je sentais l’adrénaline et l’excitation monter en moi. L’âme du guerrier était revenu et j’étais prêt à m’éclater à tel point que je n’ai pu m’endormir et prendre du repos avant les douze coups de minuit. »

Moi: Et toi Bertrand, pour ta première fois, comment c’était?
– « Je suis plus dans « la pression monte ». En plus, j’ai fais un peu n’importe quoi et je l’ai d’ailleurs payé en course. Je ne me suis pas reposé, je suis allé discuté un peu partout, rencontrer des gens sur le salon, j’ai mangé tard à la pasta, en mode 0 pression mais beaucoup de fatigue. Du coup, à 23h, je piquais du nez….  »

Bertrand, prêt pour affronter la Sainté!

Bertrand, prêt pour affronter la Sainté!

Moi: « Allez, on arrête de tourner autour du pot. Comment c’était cette course alors?« 
– « C’est simple: Montez jusqu’au sommet, retournez-vous pour apprécier le ballet des lucioles. C’est beau non ? » Les autres finishers acquiescent de la tête sur les propos tenus par Julien. « Le froid et la neige l’auront rendu exceptionnelle, belle. Certains passages à manger des cailloux© verglacés dans les bois étaient parfois limites, mais ça valait vraiment le coup. »
– « Résumer LA course, c’est facile« , annonce Franck: « début de course, boue et cracra – seconde partie de course, de la neige et du verglas. Par contre, résumer ma course est plus dur ! Y a tellement de choses à raconter! »
–  » J’ai senti que cela allait être difficile dès les premiers kilomètres… « ajoute Grégo, « et j’avais raison jusqu’au dernier ».
– « Moi, je me suis mal placé au départ », regrette Nico. « Je paye cette erreur par un début de course très fastidieux voir frustrant, gêné par les interminables bouchons sur les portions étroites ; heureusement, le décors enneigé était splendide. Après la montée suivant sainte-Catherine et surtout après Saint Genoux, j’ai pu courir enfin à mon rythme et profiter à fond de la fin de course. »
– « Ah ouais? Moi, c’est plutôt l’inverse« , répond Bertrand. « J’ai savouré jusqu’au 30e, j’ai même pris du plaisir, j’ai voulu abandonner du 35ème au 48ème kilomètre et j’ai serré les dents jusqu’à la fin pour retrouver le sourire sur les 3 dernières bornes. »

Moi: « A part Bertrand, personne d’autre n’a penser à abandonner? »
– « J’ai vu des centaines de coureurs rentrer penauds dans les navettes et j’étais désolé pour eux« , nous décrit Giao, le dévoreur de kilomètres. « Mais il était hors de question pour moi d’abandonner. Je prenais un max de plaisir, y compris dans les moments où je luttais contre le sommeil. Heureusement, j’ai pris deux gels sur les deux derniers ravitaillements et mes jambes étaient ranimées, j’avais l’esprit vif pour me remettre à trottiner jusqu’à la fin.  »
– « Moi non plus. Jamais« , nous dit tout sourire Julien. « Toujours motivé pour finir vite malgré l’objectif de temps explosé. Mais j’étais surtout toujours bien accompagné, et ça, ça change tout pour entretenir la motivation. »
– « Moi, la pensée d’abandonner m’a souvent traversé l’esprit, surtout quand je voyais le chrono tourner si vite mais pas les kilomètres » nous confie Nico, avant d’ajouter « Je n’ai tenu dans ces moments difficiles que parce que je savais que Clara (son épouse) et Nina (sa jeune fille) seraient à l’arrivée. »

Sébastien (à gauche), Nico (au milieu), Giao (à droite) et Lamiricoré (en bas)

Sébastien (à gauche), Nico (au milieu), Giao (à droite) et Lamiricoré (en bas)

Moi: « Il y a donc eu des moments difficiles dans cette course. Quel est le pire souvenir?« 
– « Non, non, pas de pire moment » confirme Julien, « même si les passages sur les crêtes vers Le Moreau, avec les mains qui gelaient à tour de rôle étaient difficiles« .
– « Moi, je pense aux 1h30 que j’ai mis à parcourir Sainte-Catherine – Saint-Genoux… C’était très difficile pour le moral de laisser près de 300 personnes me passer devant. » avoue Franck.
Grégo prend la parole, après avoir fini son chocolat chaud et avoir reposé son mug sur la table basse: « Moi, c’était plutôt au niveau du kilomètre qui a suivi le ravito de Soucieu qui ça a été pénible ; c’est un lotissement urbain et cette vision associée à la souffrance physique qui s’était installée depuis un moment, c’était juste… très déprimant ! »
– « Il y avait aussi la mi-course« , intervient Bertrand. « Je me souviens, quand je passe devant le panneau 35, je me dis que je suis « que » là!!! »
– « Pour moi, c’était plutôt la fatigue à gérer qui a été difficile« , intervient Giao. « Quand le sommeil était trop prenant, je fermais les yeux et je ne pensais qu’à dormir. Je n’avançais plus et je regrettais amèrement de ne pas avoir mieux géré le repos d’avant-course. »
– « Ha si, je me souviens maintenant! » s’exclame soudainement Julien, avec une grosse banane au milieu du visage. « Le pire moment a été quand j’ai dû sauter de la voiture en bas de la gare pour courir, enfin essayer de courir, valise à la main dans les escalators et dans le hall, pour ne pas louper mon train ! »

Moi: « Ce n’est pas un pire souvenir ça Julien, au contraire. Ça fait limite bon souvenir! Toi Giao, tu as quand même ouvert les yeux pendant la course? C’est quoi ton meilleur souvenir?« 
– « Ouais, ouais » dit-il, « Bien sûr! J’ai adoré les passages où il y avait de la boue. Paradoxalement c’est que je détestais le plus l’année dernière mais après l’épisode de la Réunion où j’étais en enfer sur Mare à Boue, ce que l’on appelle « boue » à la SaintéLyon s’apparente plus à des bouts de terre un peu mouillés où j’ai dépassé pas mal de concurrents en bondissant comme un cabri, un effet bénéfique de mon voyage dans l’hémisphère sud ! »
– « Et toi Nico, pour cette première Sainté, quelle image gardes-tu? »
– « La première partie dans la neige est un très bon souvenir. La nuit était claire, il faisait froid, et le balais des frontales dans ce décor glacé avait quelque chose d’irréel.
Il y a aussi le moment de l’arrivée. Je me dis que ça y est,  c’est fait ! Je suis heureux d’en avoir fini, de l’avoir fait, et puis j’aperçois Clara avec Nina, je les rejoins et l’émotion nous submerge… »
Julien intervient. « C’est clair que l’arrivée, c’est quelque chose. Tu te dis que ça y est c’est fini ! En plus, il neige de beaux gros flocons. Mais qu’est-ce que c’est passé vite ! Je l’apprécie de manière différente cette nouvelle arrivée. Mais ça fait du bien d’être dans un endroit connu, en passant la ligne bras dessus, bras dessous avec Mag et Lamiricoré… « Bert » avec qui j’ai partagé les courses les 2 années précédentes et les 50 premiers kilomètres de cette édition,  arrive 5min derrière nous, au bout de lui-même. »
–  « Moi, je m’effondre et je me laisse submerger par l’émotion et les larmes. Ma famille est là. C’est aussi grâce à eux que je suis arrivé jusque là. » nous glisse Giao, dont les souvenirs lui font revivre les émotions.
– « C’était pareil pour moi Giao, » confirme Franck. « Quand je franchis la ligne, je craque nerveusement, mon visage se contracte pour laisser glisser une larme et savourer le plaisir accompli. A l’arrivée, personne ne m’attend, Caroline (son épouse) étant arrivée un peu en retard. Je prends le temps de récupérer le t-shirt, de me ravitailler… Je laisse les images de la course entrer enfin en moi. »
– « Je franchis la ligne avec mon pote Greg. Si je suis là, c’est qu’il m’a trainé jusque là, » nous explique Bertrand. « Puis je pense à ma femme et mon fils, à qui j’ai envoyé un texto en disant que plus rien n’allait, que je voulais arrêter à 23km de l’arrivée, et qu’ils peuvent être fiers de moi… »

Le silence se fait, chacun repartant dans ses souvenirs, ses émotions, qui servent à forger la force du mental, ces sentiments qui aident à se surpasser à chacun des défis que tout coureur s’impose. Une buche vient nourrir le feu de cheminée et le crépitement brise le silence.

Je regard ma montre. Le temps est passé très vite en compagnie de nos finishers et il est l’heure pour moi de les laisser. « Les gars, je vais devoir y aller. Merci beaucoup de m’avoir fait vivre vos courses. Ça me laisse envieux, mais c’est promis, je vous lâcherai pas l’année prochaine! Vous pourrez compter sur moi! Et encore bravo, une Sainté, c’est déjà pas mal, alors avec la neige, c’est tout simplement un exploit! »

Je laisse les 6 compères. Ils pourront partager ces moments que seuls eux peuvent comprendre, ces moments si précieux aux coureurs et qui nourrissent sans cesse leur motivation…

Classement Runnosphère
– Julien – 477ème – 8h20min13sec
– Franck – 711ème – 8h42min10sec
– Grégo – 959ème – 9h00min22sec
– Nico – 2337ème – 10h35min20sec
– Bertrand – 2471ème – 10h43min45sec
– Giao – 3303ème – 11h27min53sec

Pour retrouver le compte-rendu de chacun de ces blogueurs, c’est par ici:
– Giao (article à venir)
Grégo: Saintélyon, mon récit.
– Julien : SaintéLyon 2012 : récit
– Bertrand : SaintéLyon: une histoire de mental
– Nico: une nuit ultra blanche
– Franck : SaintéLyon 2012 – Neige, Genoux & Découvertes
Sébastien: Saintélyon 2012

Commentaires (6)
Trackbacks (4)
Bertrand
vendredi 7 décembre 2012, à 09:49
une nuit magique, merci de l'avoir si bien retranscrit...
giao
vendredi 7 décembre 2012, à 10:23
C'est génial ce travail Franck, ma deuxième nuit de la SaintéLyon était magique également, vivement la troisième en 2013 pour la 60ème
julien
vendredi 7 décembre 2012, à 11:26
superbe cet interview croisé !
et bravo à tous ;)
buzzy le colibri
vendredi 7 décembre 2012, à 18:13
bravo les gars.... quel récit émouvant !
Kejaj
samedi 8 décembre 2012, à 09:57
Bravo les gars! malgré les conditions qui devaient être très difficile, vous arrivez à nous faire envie! superbe interview
Sandrunning
samedi 8 décembre 2012, à 22:10
Superbe compte-rendu ! L'interview rend l'événement encore plus incroyable !! Bravo à vous tous qui l'avez courue, c'est quand même une sacrée aventure que vous avez vécue !
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