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PORTRAIT: Giao, le Prince du Macadam
 
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La Runnosphère vous donne un nouveau rendez-vous: le Portrait. Toutes les deux semaines, un membre de la Runnosphère interview un autre membre de la communauté, histoire de découvrir qui se cache derrière nos blog-runners. Pour le premier portrait, c’est notre star internationale qui se dévoile: Giao.

Giao. Qui ne le connait pas dans le monde de la course à pied? Avec son éternel sourire, difficile de l’oublier. De toute façon, on ne peut pas, on le retrouve sur toutes les courses. Et c’est justement à la suite de son 3ème Ecotrail de 80km que je l’ai rencontré, histoire de savoir qui se cache derrière ce dévoreur de kilomètres.

Giao, l’aîné de la famille

Portrait de GiaoGiao est né il y a 42 ans à Paris XVIIème. Si il quitte la capitale en 1972, à ses deux ans, c’est pour mieux en revenir en 1999. Aujourd’hui, il habite toujours Paris, même si il doit régulièrement quitter la ville pour son travail. « Avant ma mère ne savait pas ce que je faisais. Aujourd’hui, c’est moi qui ne sais plus ce que je fais« , me confie-t-il en plaisantant. Manager IT Consulting, il est l’aîné d’une famille de 3 enfants, composée de son frère Bao et de sa sœur Linh. « Je suis censé être l’exemple mais c’est moi qui ait beaucoup à apprendre d’eux ainsi que de mes parents!« . D’ailleurs, il m’avoue que ce n’est pas lui le sportif de la famille. « J’ai longtemps admiré mon frère Bao qui est le grand sportif de la famille : il courait le marathon dans les années 90 et aujourd’hui, il fait de l’escalade à un bon niveau. Il a été longtemps une source d’inspiration. »

Giao courotte depuis 2003, après 10 ans de désert sportif. Auparavant, c’était plutôt le judo qu’il pratiquait. Il s’est arrêté à la ceinture marron. Mieux vaut donc ne pas trop le taquiner. La course, c’était plutôt ses doigts qui la pratiquaient, sur les touches noires et blanches d’un piano. Il adorait jouer le premier Concerto de Frédéric Chopin. Aujourd’hui, le piano à queue est devenu un élément de décoration dans son salon. Le temps dont il dispose est consacré totalement à la course à pied dorénavant. Mais Giao est comme cela. Il s’engage à fond dans tout ce qu’il entreprend. C’est un boulimique de la vie. « Quand je mange, je goûte à tout. Quand je fais du piano, je joue des concertos avant de terminer des études. Quand je fais du théâtre, je joue Dom Juan de Molière… Le fait que je m’aligne sur autant de courses est le reflet de ma personnalité d’enfant un peu turbulent. Je découvre un nouveau jouet et j’en essaie toutes les facettes. »

Le dingo du running

Giao à Rueil 2012Il se mettra vraiment à la course à pied un peu plus tard. « Quand j’ai commencé à courir, j’ai rejoint un groupe d’amis qui faisait cinq tours du Jardin des Plantes chaque dimanche en matinée pour se décrasser. L’un deux, Xuoan Duquesne le patron de Raging Fish m’avait lancé le défi de courir 2010 km en 2010. Il m’avait parlé aussi de la Runnosphère et me disait que c’était un groupe d’allumés de la course à pied. D’ailleurs, c’est lui qui m’a dit que, si je continuais dans ma lancée, ce serait bien de les rencontrer. Il me mit en lien avec ce groupe par le biais du concours de la plus grande distance parcourue en 2011, via un challenge sur Nike Plus. C’est ainsi que je fis la connaissance de Greg Runner et de son acolyte Maya Sport. »

« J’ai adhéré à la Runnosphère car ses membres couraient énormément; mais pour autant ils n’en oubliaient pas les plaisirs de la table avec les Pasta Running Parties. Un grand gourmand tel que moi était obligé de rejoindre leur banquet mensuel!! Et puis, cela faisait plaisir de passer une soirée à parler courses, VMA, chaussures de running, méthodes d’entrainement et foulée supinatrice sans passer pour un psychopathe monomaniaque et obsédé de la CAP. Tous m’ont formidablement bien accueilli et je me suis senti immédiatement chez moi parmi eux. »

Si il passe (presque) incognito au sein de la Runnosphère, sa famille a un tout autre regard sur sa pratique: « Ils pensent que je suis fou » dit-il en rigolant, avant d’ajouter « Ils espèrent jusque que je reste raisonnable pour ne pas aller au-delà de mes capacités, jusqu’à la blessure…« . Il faut dire qu’avec tous les kilomètres qu’il avale, on se demande comment il fait. Même ses collègues et ses amis s’interrogent! « Je touche du bois pour qu’il en soit toujours ainsi » me dit le le Dingo du Running, comme le surnomme son entourage.

Une femme le fait courir…

Dans son entourage, il y aussi une femme, Amandine, la femme de sa vie. « Je l’ai rencontrée grâce au running, nous partageons la même passion et c’est déjà énorme!« . Elle a couru en 45 minutes son premier 10 km, celui de Paris Centre, m’annonce-t-il fièrement. D’ailleurs, il espère bien courir avec elle le premier marathon de sa dulcinée. Car pour Giao, son premier marathon, celui de Paris en 2009 qu’il a terminé dans la douleur, reste son plus beau souvenir. « Je m’étais entrainé d’arrache-pied à raison d’une heure tous les dimanches, aux Buttes Chaumont, avec des baskets que je n’avais pas changées depuis deux ans. Je prenais les escaliers pour rentrer chez moi au troisième étage et j’essayais d’aller un peu moins souvent au fast food pendant les deux mois qui ont précédé la course. Pendant le marathon que je courais avec mon copain Jean-Noël, je me souviens le passage du semi où je me disais : « il y a un mur, quel mur ? » Mur que je découvrais dans la douleur à la sortie du pont vers les Tuileries où j’ai entrepris mon chemin de croix sur les douze derniers kilomètres. J’ai terminé les pieds en sang avec des ampoules éclatées qui me firent dire en mon for intérieur à ce moment : « Plus jamais ça ! », me confie-t-il avec des étoiles plein les yeux malgré tout. C’est peut-être aussi pour cela qu’il veut partager le premier marathon d’Amandine, pour partager l’expérience incroyable des 42km. Et ce sera l’occasion de voyager, pour Annecy, ou Rome…

Avec toutes ces courses, il doit bien entendu s’entraîner. Pour cela, il s’organise par rapport à son travail, car il doit souvent se déplacer pour voir ses clients. Du coup, il court lorsqu’il a des créneaux de libres. Si il n’en a pas, il court moins… Je cours régulièrement avec Amandine, pour le travail au seuil. Elle comprend ma passion et me soutient à 100% dans toutes mes courses. Il faut dire qu’il les enchaîne les courses, ce qui lui a valu un surnom lancé par son ami Jean-Pierre: le Prince du Macadam! « C’est mieux que le glouton du Mac Donald’s!« , ajoute-t-il humblement, tout sourire. Avant d’ajouter: « A la base, je suis un coureur sur route car mes premières courses ont été des semis et marathons. Par la suite, en me préparant pour les 100 km de Millau, je me suis mis à faire de longues distances sur sentier et j’ai découvert les courses-natures, puis les trails. J’aime bien aussi ce genre de course car l’ambiance y est différente. On se sent moins en compétition et cela s’apparente pour moi plus à une balade en forêt qu’une course sur bitume où je dois tout donner. »

30 courses en 2012!

Paris Versailles 2012 Giao est aujourd’hui un homme d’expériences. En 2012, il a participé à 30 courses dont deux marathons, Paris et Vincennes, où il pulvérise son précédent record de 23 minutes en 3h30m13s, et quatre gros trails et courses de montagne (6000D, CCC, Diagonale des Fous et SaintéLyon). D’ailleurs, Jipé n’hésite pas à lancer « Dis le nom d’une course, Giao est sûr de la faire« … Alors forcément, c’est avec respect qu’on aime écouter ses souvenirs de course. « Jusqu’en 2012, la course la plus dure avait été Millau car les jambes avaient bien senti que cela tapait au bout de 100 km de bitume. Mais après la Réunion, sans hésiter, je dirais que La Diagonale des Fous est le truc le plus dingue que j’ai jamais fait. D’ailleurs je ne l’ai pas fait car je me suis fait rattraper par les barrières horaires. C’est dans la douleur que je me suis arrêté à Cilaos à 72 km du départ. Quel souvenir !« .

Malgré tous les kilomètres avalés, Giao sait faire le break. C’est peut-être pour cela d’ailleurs qu’il ne se blesse pas. Car, quand il lui arrive de ne plus éprouver de plaisir à courir et de subir plus que de profiter d’une sortie ou d’une course, il préfère rester au chaud chez lui ou faire du macramé.

Pourtant, il n’est pas encore venu le temps où Giao laissera ses running au placard. En nous quittant, il m’avoue ses prochains objectifs: « Je rêve d’être finisher de La Montagn’Hard cette année, une course un peu folle de 103 km et de 8 600 m de dénivelé qui se déroule entre Chamonix, Beaufort et Megève. » Avant d’ajouter: « Mon but ultime sera de terminer un jour La Diagonale des Fous« …

 

GIAO, en quelques mots

Ton coureur préféré: Bob Tahri
Ta montre GPS: Garmin Forerunner 305 / Suunto Ambit
Ton modèle de chaussure préféré (running et trail):

Entrainement route : Nike Pegasus
Compétition route : Nike Lunaracer
Trail : Adidas Riot Supernova 4
Ta citation: Go hard or Go Home
L’endroit idéal pour toi pour courir: n’importe où avec la femme de ma vie.
Ce qui t’énerve en course:
des amateurs qui te crient dessus quand ils arrivent avec le meneur d’allure et que tu n’arrives pas à te pousser à temps.
Ce qui t’arrêtera un jour de courir: une blessure, l’envie.
La course de tes rêves: La Diagonale des Fous
Ton meilleur temps sur…
10km: 43:57″ L’Equipe 2011
Semi: 1h37:09″ semi de Paris 2012
Marathon: 3h30:13″ marathon de Paris 2012
100km: 16h40 Millau 2011

 

PROCHAIN PORTRAIT: Retrouvez le prochain portrait de la Runnosphère dans 15 jours, Kejaj, juste après son marathon de Paris

Commentaires (6)
Trackbacks (1)
The Pinkrunner
mercredi 27 mars 2013, à 09:30
Vraiment un type tres sympa qui gagne a etre connu.
Moi la 1ere fois ce fut a Millau en 2011, bref mais comme si on se connaissait depuis toujours.
Depuis c'est vraiment un grand plaisir a chaque fois!
Superbe portrait ou j'ai appris beaucoup de chose.
Sandrunning
mercredi 27 mars 2013, à 10:50
Très très sympathique portrait de notre Giao !
Maya972
mercredi 27 mars 2013, à 21:27
Superbe portrait.
Giao, je te souhaite de la terminer cette longue diagonale !
dd2012
mercredi 27 mars 2013, à 22:00
C'est clair, super portrait ! Et surtout bravo à Giao (en fait c'est mon idole ;-))
Bertrand
mercredi 27 mars 2013, à 23:59
Il manque quand même une question: tes lunettes de soleil t'aident elles à courir plus vite... ;-))
Mangeur de Cailloux
jeudi 4 avril 2013, à 14:58
Super ce portrait !
on sait maintenant tout sur le prince du macadam (qui n'est pas un manche non plus loin du bitume ;) )
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