Actualité de la runnosphère, Portrait
Portrait de Denivplus
 
5 commentaires

Au sein de la Runnosphère, nous comptons des bitumeurs et des traileurs, voire les deux, mais aussi des baroudeurs qui, en plus de mêler ces deux particularités, se lancent des défis un peu fou. Bertrand est de cette trempe, lui qui rentre tout juste du Marathon des Sables.

d1

A 29 ans, il vit maritalement avec Vanessa. Ils se sont mariés, comme un beau clin d’œil, la veille du marathon de New-York 2011. Il est le papa d’un futur ultra traileur, Thomas, 3 ans et demi, qui du haut de ses 3 pommes, ne compte déjà plus les kilomètres à gambader. Quand on s’investit dans la course à pied avec passion comme Bertrand, ça implique des cadences infernales avec les entrainements. La famille tient alors un rôle très important. Il sait qu’il peut compter sur sa femme et son fils, ses premiers supporters, à qui Bertrand tient à leur tirer un coup de chapeau car ce n’est pas toujours facile.

Comme je disais en préambule, Bertrand est un aventurier, un nomade de la vie moderne et son activité professionnelle dans la R&D dans le bâtiment lui permet, en plus de voyager dans toute l’Europe, de faire des petits runs à travers des destinations inconnues, laissant toujours une place dans son baluchon pour une paire de basket. On peut dire que le voyage fait partie de se vie. Dès que possible, il essaye de découvrir des nouveaux horizons, un moyen extraordinaire de s’ouvrir aux autres.

Comme tout bon petit gars du Sud Ouest, Bertrand, qui habite Colomiers (à 10 km de Toulouse), a un passé de rugbyman mais aussi de footballeur pendant près de 20 ans. Courir à donc toujours fait plus ou moins partie de son quotidien.

Pour la Runnosphère, il a bien voulu répondre à mes questions et nous permettre d’en apprendre un peu plus sur lui.

Bertrand, quand as-tu commencé la course à pied ? : « En 2009, de plein pieds dans la vie active, comme on dit ici, je commençais à « m’ensacher » un petit peu, alors j’ai commencé à courir pour fondre et, petit à petit, retrouver la ligne. Mais comme je ne fais jamais les choses à moitié, 3 semaines après ma première sortie, je participais à ma première course, un 10km; 3 mois après un semi; puis ensuite, je partais à l’assaut de mon premier marathon de Toulouse (3h53). C’était fini, j’avais attrapé le virus, depuis je ne me suis jamais arrêté. »

d4

Tu tiens le blog Denivplus, peux-tu nous en parler ? : « Le français et moi n’avons jamais été bons amis, écrire n’est pas la plus grande des mes passions, mais faire vivre mes expériences et discuter avec les gens, j’adore ! Il y a 4 ans j’avais commencé un petit blog, mais ce n’était pas facile de le mettre à jour. J’ai vite laissé tomber. Il y a un an, lorsque  je me suis lancé dans l’épopée Marathon des sables, j’ai décidé de créer un blog pour partager ma passion et ma préparation. Puis j’ai refondu la totalité de mon blog pour lancer www.denivplus.com. J’adore la route, mais je m’entraine la plupart du temps en nature, je suis amoureux des Pyrénées et j’espère bien m’acheter une petite grange un de ces jours. Je fais également presque 5000km de vélo par an. Alors dénivplus, ça me parlait. Et je savais que ça parlait également à la communauté des runners.

Je me suis vraiment impliqué dans ce blog, j’y consacre énormément de temps, mais ça paye, car sur certaines courses, des gens m’interpellent pour savoir si c’est bien moi Denivplus. Alors ça me fait sourire et je me dis que j’ai réussi mon pari. Maintenant, il faut faire perdurer la chose, mais vue les futures échéances, je ne m’inquiète pas trop. »

Comment as-tu connu la Runnosphère ?: « En fait, en tant que passionné de course à pied, quand on navigue sur le net, on retombe très souvent sur les mêmes sites, notamment aux niveau des tests de produits. J’étais un lecteur régulier de Greg Runner, et j’adorais le style de Run Reporter Run de Jean Pierre, et le coté chirurgical de Terre de trail. Bref, sur tous ces sites, on peut voir le petit logo « Certifié Runnosphère », ce qui m’a renvoyé sur le site général où j’ai découvert une sacré communauté. Avant d’intégrer cette dernière, j’ai eu l’occasion d’échanger avec quelques membres, qui le jour du vote pour mon intégration ont été favorables.
Aujourd’hui, je suis ravi d’avoir intégrer cette famille, je n’ai pas encore pu rencontrer tout le monde, mais l’ensemble des échanges que j’ai pu avoir me ravit. Et je me suis aperçu que cette solidarité n’était pas que du blabla, lors du MDS, il n’y a qu’à voir le nombre de mails de la Runnosphère que j’ai pu recevoir! Alors merci à eux! »

d2

Justement, tu reviens dmarathon des Sables: comment s’est passée ta course ? « Quelle expérience ! Un truc de fou! Aujourd’hui, j’en souris et je savoure mes moments passés là-bas. Pourtant, ça n’a pas toujours été facile. D’ici, je voyais cette course difficile mais vraiment pas si dure que ça. Ce n’est qu’au moment où on le vit qu’on se rend compte que c’est vraiment difficile. Pour nous, coureurs du quotidien, quand on regarde le MDS sur le papier, et que l’on voit des épreuves de 30 bornes, on se dit « Ça va, il va juste falloir gérer ». Mais voilà, il y a cette température de fou (>50°), du sable, un sac qui pèse une tonne, la fatigue, l’autosuffisance, rient ne peut simulé cet extrême lors de l’entrainement. Et ça, c’est difficile à  vivre.

La deuxi

ème chose un peu frustrante, c’est qu’il est quasi impossible de courir de bout en bout à cause des ampoules, ainsi que de la chaleur. Après tant de semaines d’entrain

e

ment, ça met les boules.

Par contre, lorsqu’on lève les yeux et que l’on est devant cette immensité, c’est tout juste magnifique !

Physiquement, je n’ai jamais eu de problèmes musculaires. Donc on peut dire que la course s’est bien passée. La chose la plus importante est certainement le mental. Lors des moments les plus durs, je pensais à ma femme et à mon fils en permanence, ainsi qu’à mon père, disparu il y a peu. Toutes ces pensées vous oblige à garder le cap. Lorsque l’on voit le peu d’abandons sur cette course, on se dit que chacun à mûrement réfléchi son projet et que rien n’est pris à la légère. La souffrance fait partie de la course, et ça vous forge un mental pour le reste de votre vie, qu’elle soit personnelle ou sportive ! »

 J’imagine que la prépa a dû être conséquente… Quelle était ta semaine d’entrainement type et comment tu la conciliait avec ta vie de famille ? « C’est la partie la plus difficile de tout le périple. 250km ne s’improvise pas, je voulais pas exploser, j’ai donc suivi un plan Bruno Heubi sur 13 semaines. Aujourd’hui, je déconseillerais cela, c’est beaucoup trop! Sur la fin, j’ai levé le pied, car j’étais limite épuisé.
d3J’avais 5 sorties par semaine :
–       Séance VMA
–       Séance de récup (1h15)
–       Séance EMA (1h30) avec 2×20’ à 80%
–       Séance de récup (1h30)
–       Sortie longue (2h30 à 4h30)

J’ai fait des semaines à plus de 100kms, avec pas moins de 11h d’entrainement. Je me suis toujours beaucoup occupé de mon fils, et que je ne souhaitais pas mettre cela de côté, je m’entrainais à jeun le matin sur les 3 premières séances de la semaine. Cela laissait pas mal de trace, car si après l’entrainement, tu es d’attaque pour aller au boulot, vers 14h, les yeux piquent un petit peu… (rires).

Par contre, je plaçais un bloc le week end. Du coup, chaque matinée de tous les week-ends, personne ne me voyait. Sur la fin ça, commence à peser sur toute la famile, car lorsque tu pars courir 4h30 le matin, la sieste guette l’après-midi… Il faut savoir que le MDS, c’est un gros investissement financier, personnel et familial, et pour tout ça, on se doit d’aller au bout !

Quelle est ta prochaine course et ton prochain gros objectif ? « Ma prochaine course, c’est le Toulouse Urban trail le 05 mai. C’est un peu une utopie car je ne sais vraiment pas où ça va monter. Mais c’est la première édition, alors pourquoi pas… Ensuite, c’est trail jusqu’à cet été, avec le Tour de la Cascade d’Ars (Ariège) 27km, puis le trail du Confluent (Portet, 31) 15 ou 33km. Je partirai ensuite à la course des crêtes (Espelette, 64) 26km, et pourquoi pas le tour du Canigou…

A la rentrée je retournerais sur la route avec les boulevards de Colomiers (chez moi) 10km, puis le semi de Tournefeuille. Mais surtout, ce sera le championnat de France de marathon à Toulouse où je vais tenter les 3h15. »

La course de tes rêves ? « J’ai vécu mon premier rêve avec ce MDS. Maintenant, il me reste 3 gros morceaux : l’UTMB (même si cette course me fait de moins en moins rêver à cause de son coté « usine ». Mais j’adore la montagne donc ce sera un passage obligé). La Diagonale des Fous, c’est le rêve ultime. Mais je pense qu’il me faut faire une prépa de malade. C’est donc synonyme d’énormes sacrifices sur le plan familial donc je vais attendre encore un peu…

Et le dernier qui me fait rêver, c’est le Norsman. Je crois que c’est la course de l’extrême par définition. Je ne pense pas qu’il y ait plus dur. Par contre, si tu n’es pas finisher je ne sais pas comment tu rentres de là-bas, tellement l’investissement est colossal!

Avant d’entamer ces gros morceaux, je pense que je vais me faire une année à record, ou j’axerai l’entrainement sur la VMA. Car je pense que c’est le moment ou jamais de se faire plaisir… »

En dehors de la course à pied, quelles sont tes autres passions? « L’outdoor en général. Je suis gersois d’origine, et comme on dit ici, le « bonheur est dans le pré »! J’ai toujours passé énormément de temps dehors, dans les forêts, sur les chemins… Je pars en rando avec mon fils et ma femme depuis qu’il a 5 mois. On adore ça! On a commencé à entreprendre le Chemin de Saint Jacques de Compostelle, par la voie d’Arles. On fait ça petit bout par petit bout mais on y arrivera, j’en suis sur!

Je passe énormément de temps sur mon vélo également (je roule en club depuis 2 ans). Je participe à 3 ou 4 cyclos pas an. L’an dernier, j’ai même fait l’Etape du Tour entre Pau et Bagnères de Luchon (200km et 5000mD+). Puis les Pyrénées ne sont pas bien hautes, mais j’aime à me faire un ou deux 3000m tous les ans en mode rando, en solo, juste pour me retrouver avec moi-même et me faire plaisir. »…

Cet exercice du portrait m’a permis, avec beaucoup de plaisir, de mieux connaitre Bertrand.

Bertrand, je te souhaite une bonne récupération de ton aventure et une bonne continuation pour la suite!

 

Commentaires (5)
Trackbacks (0)
Sébastien de Courir à Nantes
mercredi 24 avril 2013, à 18:46
Joli portrait de notre homme de sable !
Franck
mercredi 24 avril 2013, à 19:03
J'adore :) Merci de nous avoir fait revivre ça et découvrir tous ces petits à côté !!
Thepinkrunner
Thepinkrunner
jeudi 25 avril 2013, à 07:44
Comme quoi avec de la volonté, du soutien et surtout beaucoup de courage, tout est possible!
Joli portrait plein de modestie et d'enthousiasme.
runmygeek
jeudi 25 avril 2013, à 07:49
Tu as fais le marathon des sables en costard ?? :)
Bon par contre c'est malin je n'avais pas du tout envie de faire le MDS mais à cause de toi j'ai changé d'avis.
Super portrait, j'espère qu'on se croisera bientôt
Deniv´Plus
dimanche 5 mai 2013, à 22:07
merci les amis, j'espère vous croiser pour parler de vive voix de tout ça avec vous!!!
Laissez un commentaire

Soumettre

Aucun trackback pour le moment