Actualité de la runnosphère, Portrait
Portrait d’Emmanuelle Blanck
 
5 commentaires

emma1Emmanuelle Blanck fait partie des dernières arrivées au sein de la Runnosphère, mais on a tous cette impression de déjà la connaitre à travers toutes ses expériences, tant elle fait partie du paysage de la course à pied en France. Rien ne l’arrête, rien ne l’effraie, cette boulimique des kilomètres nous en dit un peu plus.
Cette belle plante, que vous avez certainement croisé si vous êtes un adepte des courses parisiennes, divorcée et maman de 4 enfants (ça, je pense que tout le monde le sait déjà, après le reportage sur M6!), vit avec sa « petite dernière » de 12 ans à Bastille. Elle travaille à son compte chez soi, ce qui est bien pratique pour s’organiser pour les entraînements! Elle se plie donc au petit jeu de l’interrogatoire pour vous…

Tu es donc webdesigner dans l’agence 422; en tant que marathonien, j’y vois un message subliminal… Est-ce la cas?
Oui et non! L’idée de 422 est venue lors d’une discussion de fin de soirée dans un bar, à une époque où je courais un peu mais sans plus! Le « hasard » a bien fait les choses car, bien entendu, par la suite, j’ai expliqué pourquoi j’avais choisi ce nom en parlant de la course à pied et de ses 42,2 km!!!
Mais aussi du « concept » : 4= 2+2 mais aussi 2×2, c’est un nombre facile à retenir. Il n’y a pas de terme spécifique cantonnant mon activité à un certain domaine, il peut tout englober! 422, c’est donc une offre à 360°, c’est fou ce qu’on peut faire dire à 3 chiffres…

Au regard de toutes les épreuves sur lesquelles tu t’engages, comment ça s’organise autour de ton boulot ?
Je suis freelance et je m’organise comme je l’entends. Selon les périodes, c’est le travail qui l’emporte sur les entraînements, ou l’inverse avant certains objectifs. Je peux très bien dire que je ne suis pas joignable car en RDV alors que je suis partie faire une sortie longue!
Je peux aussi décider en pleine journée d’aller courir parce qu’il fait beau et de terminer mon travail dans la soirée. Travailler en tant qu’indépendant n’est pas toujours été chose facile, mais la liberté a un prix! Ceci dit, je suis à la recherche d’un job au sein d’un groupe pour diverses raison, mais aussi parce que le contact humain commence à me manquer (je travaillais avant dans un collectif d’indépendants). Les échanges avec les autres, le lien social, sont aussi importants dans le domaine professionnel que sportif et permettent d’accomplir plus de (belles) choses que seul dans son coin…

400907_10151155536989233_2004100726_nEt l’organisation au niveau personnel? (tu es la première femme, alors ton expérience est très intéressante)…
Mon organisation personnelle par rapport aux entraînements ne pénalise pas (trop) ma vie de famille. J’essaie toujours de m’entraîner quand ma fille est au collège ou si elle a elle-même des activités au même moment, sauf lorsque je vais m’entraîner le mardi soir, avec les Etoiles du 8ème. Parfois elle m’accompagne en Vélib et s’occupe de mon ravitaillement, cours à côté de moi quelques kilomètres, puis reprend un vélib! Parfois les grands m’accompagnent pour un footing. J’essaie de partager ma passion autant que possible sans les forcer ni les « saouler ». On participe à des courses en famille avec un esprit de compétition partagé (La Parisienne avec mes filles- 2èmes par équipe-, Les Chasseurs de Temps en relais mixte, qu’on a même gagné en 2011!). J’espère leur transmettre les valeurs et l’amour du sport; ça a l’air bien parti!

Peux-tu nous décrire tes débuts à la course à pied
J’ai toujours été sportive! Ado, je faisais partie d’un club et participais à toutes sortes de compétitions UNSS et FFA, surtout en cross et demi-fond. J’ai aussi fait beaucoup de ski et d’équitation, toujours en compétition. J’ai ensuite « levé le pied » quand j’ai eu mes enfants, pour me remettre à la course à pied lorsque j’ai habité San Francisco. Le sport fait partie de la culture là-bas, et cela m’a donné envie de m’y remettre. Je courai sans plan d’entraînement, et petit à petit, je suis devenue accro. Je courai 10 miles tous les jours, en 1h15 !! Jusqu’à ce que je me blesse (cela devait arriver)… J’ai mis plusieurs années à trouver une solution à un problème de genou, qui refait surface de temps en temps. J’ai réellement pu reprendre la course à pied en 2006. J’ai couru mon premier 10 km en 1h, en m’arrêtant à mi-parcours pour faire demi-tour car je voulais abandonner, puis en allant aux toilettes chez des gens dont la maison bordait le parcours!!

DC-FV132314Quelques sont les records dont tu es fière?
Mon record sur marathon: 3h11’03! J’en avais encore sous le pied et que j’ai suivi un entraînement aussi « light » que possible en terme de volume, en complétant avec du crossfit, pour préserver mon genou.
Et aussi ma 9ème place chez les féminines au marathon des Sables en 2012. Je n’y allais pas du tout pour la compétition, mais au fil des jours, les choses se passant de mieux en mieux, je me suis prise au jeu. Cela m’a permis de me forger un mental d’acier.

06Moi, je suis juste impressionné par tes perfs, sur marathon tout d’abord, course à étapes (MDS, Indian race…), et surtout la France en courant!!! Je suis impressionné car tes chronos font rougir, mais tu t’alignes aussi sur du long voire du très très long Qu’elles sont tes motivations dans tout ça?
J’aime varier les formats de course car justement, ma motivation peut facilement disparaître si je fais tout le temps la même chose. Ce qui me motive avant tout, c’est cette découverte! Il y a tellement de choses à faire! Et chaque expérience de course me permet de faire de belles rencontres.

IMG_6071Au début, je t’ai connue car je voyais que tu étais meneuse d’allure. Peux-tu nous expliquer comment t’es venue l’idée de faire ça, et surtout ce que tu en dégages?
J’ai eu l’idée et l’envie d’être meneuse d’allure en discutant avec Dominique Chauvelier. Je lui en ai fait part et il m’a fait confiance pour la première fois sur le semi de Paris en 2012. Pour moi, c’était par envie de vivre une expérience différente en course à pied, basée sur le partage et les belles rencontres encore une fois! Tu passes du sport individuel au sport « collectif »? Il faut aussi savoir rassurer, encourager, conseiller… des liens forts se tissent le temps d’une course. C’est une expérience intense d’un point de vue émotionnel, encore plus sur marathon. Je suis meneuse sur la Marathon du Mont Saint Michel dimanche prochain et j’ai hâte d’y être!

Tu conseillerais cette expérience?
Pourquoi pas, si on se connaît assez bien pour être très régulier dans ses allures, et si on a envie de partager un moment particulier de convivialité dans le sport, sans penser à la performance.

Bon, venons en à ton blog (http://www.emmanuelleblanck.fr): d’où t’es venu la motivation pour le créer, sachant que c’est un peu ton boulot?
Cela faisait un moment que j’avais envie d’en créer un pour partager mes diverses expériences. Mais prise dans le tourbillon du travail et de la course, les mois passaient et certains articles dormaient au fond d’un dossier sur mon disque dur.
Cela m’a pris d’un seul coup, un peu comme lorsque je décide de participer à une course à l’autre bout du monde. Une fois partie, je ne m’arrête plus.. J’y ai passé tout un week-end du vendredi après-midi au lundi matin, en ne dormant que quelques heures.
J’essaie d’être régulière dans mes publications, mais ce n’est pas toujours évident, je ne suis pas assez « ordonnée », c’est d’ailleurs ma marque de fabrique. J’aime bien le bazar organisé d’une manière générale.

Et ton intégration à la runnosphère?
Je connaissais la Runnosphère depuis un moment également. J’ai commencé à participer aux Pasta Running Parties durant l’été 2012, car je souhaitais rencontrer des passionnés comme moi. A l’époque, je m’entraînais seule.
Au même titre que tout ce que j’ai cité précédemment, c’est le fait de pouvoir faire des rencontre, échanger, partager, faire partie d’un collectif un peu comme une grande famille… Je pense qu’on fait plus de belles et grandes choses au sein d’un groupe que seul dans son coin.

IMG_1541Pour revenir à la course à pied, je crois que tu as fais 60 millions de jaloux, il y a peu. Certains ont même planifié de te kidnapper pour que tu ne puisses pas partir en Afrique du Sud, et ainsi prendre ta place. Comment se sont passés ces quelques jours de la Kalenji Expérience?
C’est une expérience EXTRA-ordinaire qui n’arrive qu’une seule fois dans sa vie! Il y a eu bien sûr le voyage, la découverte de l’Afrique du Sud. Mais surtout une expérience humaine incroyable. Au-delà de la somme des individualités, nous avons créé un Groupe qui partageait la même passion, candidats et staff Kalenji réunis. Une alchimie magique qui a sublimé cette aventure. Et puis bien entendu, le fait de courir tous les jours au milieu de paysages de toute beauté, de découvrir les ficelles de la production d’images, de tester tous ces produits et de participer aux améliorations apportées aux prochaines versions sont autant d’expériences rares et inoubliables.

Qu’elle est l’image dont tu te souviendras à vie par rapport à cette expérience?
Sans hésiter: notre arrivée au Cap de Bonne Espérance, lors de notre sortie longue « au bout du monde ». Tout un symbole! Nous avons couru sous la pluie, il y avait du vent, nous étions en osmose avec la nature, les éléments, la vie. Un grand moment qui nous a tous marqués.

arrivee3As-tu également un image forte depuis tes débuts en course à pied?
Le passage de la ligne d’arrivée lors de mon premier marathon, un moment d’émotion intense. J’ai sangloté comme une madeleine dans les bras de mes filles, qui pleuraient elles aussi! A chaque fois que j’y repense, j’en ai des frissons.
Il y a aussi mon arrivée au Marathon des Sables. J’ai pleuré à chaudes larmes sur les derniers kilomètres, réalisant ce que je venais d’accomplir…

Tu as parcouru la planète avec ta paire de basket, il y a encore des coins ou des courses qui te font rêver?
Bien sûr! J’ai un tas d’idées de courses que j’aimerais faire, et j’en découvre d’autres au fur et à mesure. Je pars au Bhutan fin mai pour accompagner une course par étapes. Je serai responsable de la communication de l’événement. Encore une autre manière de vivre la course à pied! Et puis, sous couvert de prendre des photos et des vidéos des coureurs pendants les étapes, je courrai avec eux de temps en temps aussi!
Il n’est pas forcément nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour découvrir des endroits merveilleux. J’en veux pour preuve: la France en courant. Nous traversons des villages et des paysages de toute beauté, nous découvrons la France rurale et ses multiples facettes culturelles et gastronomiques. C’est une expérience sportive et humaine que je conseille vivement, c’est génial!

Ton programme pour cette deuxième partie de saison?
Je vais faire un peu de trail (Gendarmes et Voleurs de Temps – 32 km , Trail de l’Aubrac – 55 km; où nous nous retrouverons avec tous les candidats de la Kalenji Expérience 1 et 2), puis la France en courant. L’objectif majeur du second semestre est Berlin, où je vais tenter de m’approcher des 3h06. Pour le reste, l’objectif est simplement de me faire plaisir et de jouer un podium de temps en temps si je sens que c’est à ma portée! Je n’ai pas de programme précis. Je m’engage souvent sur un coup de tête, au fil de mes rencontres et des discussions que je peux avoir avec d’autres coureurs.

164618_10151567328779233_2027627436_nJe voudrais finir sur une dose de générosité, dont tu m’a l’air d’être l’emblème: tu cours très souvent pour les autres ou même pour une bonne action, y-a-t-il une œuvre que tu voudrais mettre en avant?
En 2012, j’ai couru pour 2 associations lors de l’Ultra India Race et du MDS, et j’ai réussi à récolter presque 3000 euros. C’est top de pouvoir « mettre à profit » un défi sportif au bénéfice de la solidarité. Ce n’est pas forcément évident de mobiliser son entourage, nous sommes tous constamment sollicités. Pour moi, c’est une façon de faire participer mes proches et tous ceux qui sont touchés par la cause que je soutiens à mes aventures. Ils sont un peu avec moi et cela me motive pour aller au bout de moi-même, car je sais que c’est pour une bonne cause.
Dès que je le peux, j’essaie de « me rendre utile » tout en me faisant plaisir, cela ne coute rien et apporte beaucoup! Récemment, lors du voyage en Afrique du Sud, j’ai sollicité les valises de tous les candidats pour apporter des tee-shirts de courses que j’avais récupérés à Paris. Ils ont été donnés à une association locale à Cape Town.
Depuis quelques mois, je soutiens l’Association « Imagine for Margo »  (http://imagineformargo.org). J’ai été profondément touchée par la première édition de la course « Enfants sans cancer » en septembre dernier. Un événement incroyable où le terme solidarité prenait tout son sens: aucun objectif chronométrique, mais le désir commun de se battre pour récolter des fonds pour lutter contre le cancer des enfants. Nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, et à un moment ou un autre de notre existence confrontés au cancer. Ce mal a emporté mon frère il y a 22 ans, et en tant que maman, je suis très émue par le courage des parents de Margaux, disparue en 2010. L’union faisant la force, je me suis jointe à l’Equipe de Runners.fr pour récolter des fonds pour « Imagine for Margo ». Rejoignez-nous !! (http://enfantssanscancer2013.alvarum.net/runnersfr)

Comme je l’ai dis, je savais que tu étais une coureuse au grand cœur mais après cet exercice tu viens de le confirmer, je continuerai à te suivre comme je le fais car ton programme me parait alléchant et encore plein de découvertes.

Merci Emmanuelle!

pv2012

Commentaires (5)
Trackbacks (0)
Emmanuelle
jeudi 9 mai 2013, à 18:24
Merci à toi !!!
fredrun
mardi 14 mai 2013, à 12:30
Tu y étais à quelle période à SF ? J'y ai vécu entre 2004 et 2006 et j'ai participé au semi de SF notamment.
Emmanuelle
mardi 14 mai 2013, à 16:19
de 1991 à 1993 et aussi de 1996 à 1999!! La grande époque des startups...
fredrun
mercredi 15 mai 2013, à 17:25
Pas trop nostalgique ? (de la ville... et de l'époque ?!!)
Emmanuelle
jeudi 16 mai 2013, à 18:22
Si, un peu! A l'époque je courais mais seule, à postériori je me dis que j'aurais tellement aimé participer à des courses là-bas! Ce sera l'occasion d'y retourner un jour...
C'était bien le semi?
Laissez un commentaire

Soumettre

Aucun trackback pour le moment