Portrait
Portrait de Vinroux
 
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La runnosphère, ce n’est pas que des blogrunners Français mais également des francophones de tout pays. Cette semaine, nous vous présentons Vincent qui nous vient de Belgique.

“Oufti” plustôt “qu’une fois”

Vincent lors de la BouillonnanteSous le pseudo vinrouxh, alias Vincent Rouxhet, se cache un homme de 43 ans. Il habite Jehay, un petit village belge de la commune d’Amay, en bordure de Meuse. C’est donc un Liégeois et non un Bruxellois, ce qui a toute son importance dans l’accent : on dit “Oufti !” avec un accent bien prononcé plutôt que « une fois » ! Professionnellement, Vincent  travaille comme contremaître bâtiment chez Prayon SA, une société chimique leader dans le monde des phosphates.

Trailer mais papa avant tout

imageVincent est marié à Mireille, ils ont deux enfants Justine 10 ans et Antoine 13 ans. Pour eux, c’est l’eau des bassins qui les fait vibrer plutôt que le cailloux et le D+. Vincent les accompagne à leur séance de natation de 2h et ne boude pas son plaisir pendant ces séances pour prendre ses baskets et aller manger un peu de dénivelé. Ça lui permet de bien concilier famille et entrainement.

Vincent s’accorde tout de même un jour à lui, celui de la compétition, pendant lequel il va braver, seul,  les sentiers. Mireille ne conduisant pas, Vincent ne souhaite pas imposer de longues heures d’attente à son épouse et ses enfants. Peut-être qu’un copain trailer avec une femme conductrice et motivée leur permettra un jour d’aller encourager leur papa. Alors le partage en famille se fait lors de longues balades avec femme et enfants, ce qu’il affectionne tout particulièrement.

 2010 le déclic

2010: Vincent monte sur la balance à la visite médicale. Là, c’est le déclic. 89,8kg, c’est plus qu’il n’en faut pour que Vincent réagisse. Il file acheter une paire de basket et c’est parti pour deux entrainements par semaine. Il se motive d’abord avec les séances d’entrainement de Jiwok, ce qui l’emmène jusqu’au semi marathon.

L’addiction se met alors en place : “je suis devenu complètement accro…”, mais le train train de la route, la régularité des plans d’entrainement ne le comble pas totalement. Vincent a besoin de liberté, de solitude et de calme. Il sait que ces besoins sont comblés lorsqu’il se retrouve dans de grands espaces verts.

Il entend un collègue parler de trail et décide d’accrocher son premier dossard seulement 10 mois après avoir commencé la course à pied. C’est la révélation : “j’ai trouvé tout ce que je cherchais”. Depuis, il ne fait pratiquement  que du trail. Mais il garde tout de même un entrainement par semaine sur route, même si ça n’est pas sa tasse de thé. Quelques courses sur route le séduisent encore pour l’ambiance : Verviers, Huy ou d’Hermalle-sous-Huy, avec ses 4 tours qui passent au milieu de la fête foraine du village… “un excellent moment”.

L’entrainement se fait au feeling, 2 sorties courtes en semaine et une sortie longue le dimanche pour une durée de 5h. Vincent structure peu à peu ses entrainements car les blessures du début lui font comprendre que tout n’est pas ok de ce coté la. Il fait donc du renforcement musculaire, notamment pour son dos avec des séances de vélo elliptique et de la natation, des séances spécifique D+, des séances longues, des séances rapides même si le fractionné ça n’est pas non plus sa tasse de thé. Il suit les grandes lignes de l’entrainement sans s’appliquer un plan bien structuré.

Le trail à la Belge

Vincent lors de la pierre du diableEn comparaison avec la France, je dirai que que la pratique du trail est plutôt marginale”. Mais comme en France, le trail explose depuis 2 ans au pays de Tintin et du chocolat. Il y a de plus en plus de courses et il n’est pas rare d’avoir le choix entre deux évènements le même week-end. Même si Vincent n’a pas beaucoup de points de comparaisons entre les trails des deux pays (il n’est allé qu’aux Crêtes Vosgiennes et à la Maxi Race 2013 annulée). Les trails Belges n’ont pas de salon du trail avant la course, on peut encore s’inscrire sur place, les dotations sont faibles avec un prix d’inscription qui reste donc très raisonnable, un exemple que l’on devrait suivre ici en France. Ici, la 3ème mi temps a toute son importance. Et la bière Belge de récupération fait des miracles (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé même pour un trailer). Évidemment, ici, pas de montagnes mais des collines verdoyantes. Les médias Belge ne sont pas encore trop penchés sur le phénomène Trail Belge mais ça va venir.

Le blog pour combler un manque

Au début de sa pratique, Vincent a du mal à trouver des informations sur les courses belges; c’est le point de départ du blog. Il souhaite partager avec le plus grand nombre ses comptes-rendus de course avec un maximum de détail. Il se concentre essentiellement sur les CR par manque de réactivité sur l’actualité sportive. Sa marque de fabrique : les smileys personnalisés :

Les smileys… Je les trouvais jolis et bien expressifs, et plus agréables que le classique visage. Mes p’tits post-its me permettent de faire passer des émotions dans mon texte, ce qui me permet de renforcer son énergie. Je ne suis pas assez littéraire pour pouvoir le faire avec des mots, alors j’utilise la facilité 😉

En rejoignant la Runnosphère, il est rentré dans une communauté exclusivement française ou presque. Ça lui a permis de découvrir beaucoup de chose; “il faut dire que la Belgique est souvent un peu à la traine dans le domaine”.

Le trail, une vrai histoire d’amour et de partage

Vincent et ses acolytes lors de la Maxy RaceEn trail, Vincent rencontre beaucoup de monde et n’hésite pas à faire la course à plusieurs avec des inconnus comme à Bouillon : “j’ai fait 54 km avec 1 trailer belge et un français avec qui je n’avais jamais couru. J’aime bien ce côté humain de la course, et j’en profite. Cela m’a déjà permis de lier des amitiés et de nous retrouver sur des courses.” Même si il avoue que la semaine, c’est difficile de trouver des compagnons d’entrainements à cause de ses heures de travail.

Cette année, Vincent, comme de nombreux coureurs, se voit privé de Maxi Race à cause d’une météo déplorable. “C’est râlant, frustrant… de faire 1700 km pour à peine apercevoir ce beau lac, mais je comprends et respecte tout à fait la décision de l’organisation. La sécurité doit être prioritaire sur le reste… personne n’est à l’abri d’un imprévu.

Mais Vincent n’est pas du genre à lâcher facilement et il reviendra en 2014 avec ses potes sur cette course afin de préparer la CCC.

Un trailer déjà bien rodé

Le trail de CedrognePour des trails courts, Vincent part avec un porte bidon et au dela, c’est le sac qui l’accompagne avec, à l’intérieur: gels et barres énergétiques, une paire de chaussettes de rechange, crème Nok, appareil photo, GSM, buff, veste pour la pluie (merci à la météo des régions tempérées), couteau Suisse et trousse de secours. Il n’utilise pas de poche à eau et préfère les bidons. Avec cet équipement, il n’a jamais été pris au dépourvu et part toujours comme si il devait être en autonomie complète.

Au ravito, c’est plus le salé qui l’attire avec évidemment les fameux TUC, même si en bon Belge, il résiste difficilement à un morceau de chocolat. Il regrette la trop faible présence de bouillon sur les ravitos, comme beaucoup. Vincent évite les mélanges et bannie les boissons énergétiques.

Les grands du trail l’intriguent. Les Kilian, Dawa et Seb Chaigneaux ont un rapport simplicité performance et simplicité humaine peu commune. Un contraste avec le comportement de certains coureurs qui ne respectent rien, qui dégradent, qui jettent leurs déchets et qui trichent. Ces types n’ont rien à faire la.

Plus c’est long plus c’est bon

Vincent n’est pas un sprinter, mais il est endurant et il aime ça. Petit à petit, il monte en distance et espère arriver à monter à plus de 100km en ultra. Il ne souhaite pas bruler les étapes même si c’est vrai que les vidéos et les discutions qu’il a avec d’autres trailer lui permettent de rêver un jour d’atteindre son Graal. Même si l’UTMB le faisait rêver au début, lui évoquant un souvenir vieux de 20 ans lors d’une randonnée autour de la montagne mythique. C’est bien une course beaucoup plus longue qu’il espère bien vivre: le Tor des Géants. En attendant, Vincent recherche les courses vallonnées et moins roulantes, plus longues, plus médiatisées et techniques, en essayant autant que faire se peut des trails de montagnes. Vincent préfère de loin le D+ : “Les descentes me font toujours peur et physiquement je ne suis pas assez fort pour débouler comme certains. Mes problèmes de dos ont également renforcé mes craintes à ce sujet.

La petite confession de Vincent, si il pouvait changer quelque chose : “Vivre aux pieds des montagnes et profiter des grands espaces nature.

Son blog: http://www.vinrouxh.be/

Commentaires (5)
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Thepinkrunner
jeudi 20 juin 2013, à 08:00
Encore un portrait bien sympa!

A quand une Pasta en Belgique?;-)
Mounir
jeudi 20 juin 2013, à 10:59
Beaucoup de courage et de motivation.
Bravo à ce coureur hors pair.
baskets aux pieds
jeudi 20 juin 2013, à 11:56
portrait où je pourrais me reconnaitre..le poids, jiwok, le dosard après 10 moi de course, la préférence pour les grands espaces et l'envie de courir rjs plus longtemps .... bravo pour cette belle persévérance et cet esprit de la course à pied
vinrouxh
jeudi 20 juin 2013, à 21:44
Un GRAND merci à David pour cet excellent compte-rendu... parfait, je n'aurais pas imaginé mieux et mieux ficelé :-)
fredrun
vendredi 21 juin 2013, à 14:19
"Trail" intéressant ! ;-)
Bravo Vinc', je serai incapable de faire comme toi !
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