Portrait
Aurore, la Mademoiselle Trail
 
Pas de commentaire

22315994Aurore est une des athlètes de la Runnosphère qui s’est expatriée quelques temps au Canada. Aussi, ratant l’occasion de la retrouver dans son pays natal qu’est le sud de la France, à l’occasion du Marathon de l’Hortus, je profite de cette rubrique pour en apprendre un peu plus sur elle.

De Nîmes à Montréal

Benjamine d’une famille qui ne comptait que des garçons, Aurore grandit à Nîmes. En septembre 2013, elle se rend avec son petit ami Baptiste au Canada, et s’installent à Montréal. Elle y suit des études en baccalauréat en administration des affaires spécialisation gestion internationale, ce qui correspond à une licence de commerce.

Si Aurore est surnommée « Aurore-deux-mains-gauches » par son entourage à cause de sa maladresse qui a sûrement dû charmer Baptiste, ces mêmes proches s’accordent tous pour dire qu’elle est femme dotée d’une persévérance à toute épreuve, qui sait ce qui veut, parfois un peu têtue et qui a parfois du mal à écouter les conseils, mais qui sait mettre toutes les chances de son côté pour atteindre ses objectifs, tant dans sa vie professionnelle que dans le sport.

« Ca ne te donne pas envie ?… »

Justement, parlons de sport. La course à pied, Aurore la pratique depuis décembre 2012. « Tout a commencé alors que je suis allée voir courir mon copain sur un 10km, le 10km d’Alès en novembre 2012. A la fin de la course, il m’a demandé si cela ne me donnait pas envie. Je lui ai répondu que peut-être… Et l’aventure a débuté. J’ai acheté ma première paire de basket chez Decath, une tenue histoire de ne pas courir en short en jean et je me suis inscrite au club de l’ASSP Vergèze. »

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Mais surtout, ce qui l’a motivé, c’est justement de découvrir la motivation des autres. « Ce qui m’a motivé c’est de voir toutes ces personnes se lever un dimanche matin tôt pour aller courir, battre un record sur 10km ou tout simplement essayer de tenir la distance. Quand tu n’as jamais couru, 10km cela te parait énorme mais c’est plus accessible qu’on ne le pense. Je me suis dit, pourquoi pas moi ? Je veux faire partie de cette communauté. J’avais aussi envie de changer de mode de vie et de faire du sport, pour de vrai, avec 3/4 séances par semaine. J’avais juste envie de me dépasser et de tout donner, à chaque course. »

Une envie d’évasion

Aurore prend rapidement ses marques et sait ce qui la motive : le trail. Courir en pleine nature lui donne l’énergie d’avancer, avec un objectif à long terme : courir un ultra dans quelques années.

D’ailleurs, c’est peut-être aussi pour cela qu’elle n’en parle pas avec sa famille, pas très sportive, et qui ne comprend pas forcément cette motivation à courir des bornes et des bornes. Mais vous savez, une fois qu’Aurore a une idée en tête… Elle peut néanmoins compter sur le soutien de ses amis, de ses lecteurs et bien entendu, de Baptiste, avec qui elle en parle beaucoup. Sa moitié, lui-même coureur donc, comprend bien l’organisation que nécessite la course à pied et les entraînements. « Je m’entraîne au gré de mes envies et j’ai des folies de temps en temps, j’ai du mal à me contrôler et me canaliser sur certains points, pour certaines courses. Je peux aussi être une flemmarde, quand j’ai décidé que je ne veux pas aller courir et que je me force, je fais une séance nulle, archi nulle même. »

Gentille et serviable, Aurore est une personne entière qui aime la vie et qui est ouverte aux autres. Et quand elle rentre en France quoi de mieux que de courir avec les parents de Baptiste qui pratiquent aussi la course à pied, ou courir avec des amies de longues dates. Des petits plaisirs simples qui enrichissent la vie. Mais n’oubliez pas, Aurore vient du sud et peut avoir le sang chaud, donc ne la cherchez pas !

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Toujours dans cette approche d’échanges, elle intègre la Runnosphère en 2014. « J’ai voulu y adhérer pour partager avec d’autres personnes ma passion pour ce sport, pour faire de nouvelles rencontres (notamment Lolo Trail et Fanny que j’ai déjà vu en vrai) et pour rejoindre une communauté de blogueurs. »

27 dossards déjà épinglés !

Mais revenons un peu aux courses. Aurore a épinglé un dossard à 27 reprises, avec 4 abandons qu’elle justifie tout de suite. « Un parce que je me suis faite une belle entorse à la cheville sur le duo nocturne de Ledenon, un autre parce que je me suis perdue et j’ai pris le chemin dans le mauvais sens sur le trail des Lens (système de boucles) – Je vous ai déjà dit que Aurore était surnommée « Aurore-deux-mains-gauches ? » -, un autre sur le trail de Vars parce que je n’ai pas passé la barrière horaire et je n’étais pas en forme ce jour-là et un dernier sur l’OCC parce que je n’ai pas passé la dernière barrière horaire malgré toute la volonté du monde. »

Quand on évoque son premier trail, ses yeux se mettent à pétiller et son sourire illumine son visage. « Le Cross du Mont Blanc ! 1ere course en montagne, 23km et 1700mD+. Un gros dénivelé, une grosse montée mais j’étais motivée comme une bête. Le parcours est magnifique, avec la vue sur le Mont Blanc tout le long… L’arrivée était comme un tour de France, une belle côte bien sèche et le monde qui t’encourage. J’ai aussi fait pleins de rencontres sur le parcours et Baptiste était là pour m’encourager, son soutien est important. Je me suis régalée du début à la fin, c’était magnifique ! Et ce fut aussi le déclic « c’est ça que je veux faire, courir des heures en montagne, c’est ça que j’aime ». […] Même si j’ai terminé dans les dernières, j’en garde un très bon souvenir et depuis ce jour, j’ai envie d’aller habiter à la montagne c’est pour te dire ! »

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L’OCC : la plus belle mais la plus dure 

Elle me reparle également de l’OCC couru l’année dernière, une de ses courses les plus difficiles. « L’OCC, c’est 53km et 3300mD+ à Chamonix. Je me suis inscrite en pensant que je n’allais pas être prise et le tirage au sort en a décidé autrement. Je n’avais jamais couru plus de 15km, c’était un peu du suicide mais quand on est passionné… J’ai passé la barre des 20km en février à Montréal puis j’ai fait pas mal de courses de 23-25km avec beaucoup de dénivelé pendant l’été pour la préparer. Je suis arrivée super fraiche le jour et prête à en découdre avec cette petite sœur de l’UTM. » L’UTMB est son rêve, donc participer à une course du week-end UTMB était donc déjà un truc énorme pour elle ! « J’avais des frissons au départ, me retrouver là, c’était comme réaliser une petite partie de mon rêve. J’ai manqué d’entraînement au niveau de la distance, pas du dénivelé. Malgré mon envie de me dépasser, j’avais les BH collée aux fesses tout le long de la route et j’ai su que je n’allais pas passer la dernière, celle de la Flégère. J’ai été arrêtée à 10km de l’arrivée, après 42km et 2800mD+. Cette défaite m’a vraiment fait mal, j’ai pleuré comme une madeleine quand le « fermeur » a découpé le code barre de mon dossard. Quand j’y pense aujourd’hui, je l’ai encore en travers de la gorge… Si proche du but. Il me restait 2 km de montée puis 8km de descente jusqu’à Cham. Mais je reviendrai, j’espère à l’été 2016 pour cette fois-ci la terminer et ne pas rester sur un échec. »

Et quand on connaît la motivation et la détermination de cette femme, on est sûr qu’elle arrivera au bout !

Il faut dire qu’Aurore ne s’entraîne pas pour rien. « Mes heures d’entraînements me poussent à me dépasser, et ce que j’ai fait pour en arriver là me pousse à avancer. Si c’est un objectif majeur (comme l’objectif de l’année) cela aide aussi car tu te dis que c’est TA course, que tu t’es entraîné pendant 1 an pour en arriver là donc tu deviens un bulldozer et rien ne peux t’arrêter (sauf les barrières horaires…). Je me remémore les entraînements difficiles. Je pense aussi aux personnes qui me soutiennent et qui m’ont dit que j’en suis capable, je n’ai pas envie de les décevoir. »

Pourtant, après l’OCC, Aurore a eu besoin de faire un break et a pris 3 semaines off. « Il est vrai que je ne pouvais pas courir à cause de mon genou mais je n’en avais surtout pas envie, je sentais que j’avais besoin d’une pause, d’un petit break. J’ai fait de la natation et du vélo pour compenser, il faut changer de temps en temps pour laisser le temps à ton corps de se reposer, ça fait un bien fou. »

Elle s’organise aussi des break de temps à autres, car les conditions pour courir ne sont pas optimales à Montréal l’hiver. « Il peut vraiment faire très froid donc je m’enferme à la salle pour faire du tapis et ce n’est pas toujours facile. Le break me tend les bras mais je pense à mes objectifs du printemps et de l’été et je sais qu’il faut continuer… »

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Et cette année ?

Avec le retour des beaux-jours, Aurore ressort telle une marmotte au printemps. Et si vous l’avez loupée lors du marathon de l’Hortus ((44km et 2000mD+) du côté de Montpellier, vous pouvez la retrouver sur le Skymarathon du Mont Albert (42km et 2000mD+) en Gaspésie dans le Nord du Québec, le jour de ses 21 ans (28 juin) ou encore sur l’UTHC (65km et 2000mD+) le 19 septembre à Charlevoix au Québec, son objectif de la saison. « L’UTHC est une course sauvage dans les grandes étendues Canadiennes et je suis inscrite depuis octobre 2014. Autant te dire que je la prépare vraiment. Les deux autres courses sont plus en guise de préparation et d’entraînement même si c’est déjà un gros défi pour moi qui n’a jamais dépassé la barre des 42km. Je voulais faire l’UTHC cette année car je ne sais pas si je serai encore là l’an prochain, à la fin de mes études donc c’était l’occasion ou jamais de découvrir le Canada, le vrai. »

Vous pourrez également la retrouver sur la route lors du semi marathon de San Francisco avec son club de France (ASSP Vergèze) et vous savez ce que me dit cette traileuse qui m’annonçait en début de discussion ne pas trop aimer la route ? « J’ai vraiment super hâte ! »

Et nous aussi avons super hâtes de la suivre dans ses prochains aventures. Vous pouvez ainsi la retrouver sur:

– sa page Facebook : https://www.facebook.com/blogdemademoiselle?ref=hl

– son compte Instagram : https://instagram.com/auroremtl

– et bien sûr, son blog: http://blogdemademoiselle.blogspot.ca/

 

Aurore en quelques mots 

Ton coureur préféré: François d’Haene

Ta montre GPS: Je pique celle de mon amoureux, au sinon je cours au feeling (Forerunner 210)

Ton modèle de chaussures préféré (running et trail): Pour le running les Mizuno Wave Sayonara. Pour le trail, les Asics FujiTrabuc.

Ta citation: C’est ce qu’a dit Anton Krupicka dans une vidéo :

« La course en montagne c’est pleins de choses différentes. C’est être dehors et apprécier l’environnement naturel, mais c’est aussi une opportunité pour apprendre et grandir en tant que personne en se dépassant. La seule façon de grandir est de tenter de nouvelles choses, des défis difficiles. Courir en montagne offre sans doute une opportunité pour ça (…) Je veux être fier de mon effort. Je veux savoir que j’ai absolument tout donné, que j’ai tout essayé ».

L’endroit idéal pour toi pour courir: En montagne !

Ce qui t’énerve en course: Le fait que les ravitos soient vides quand tu arrives car tu es dans les dernières à chaque fois, c’est déprimant.

Ce qui t’arrêtera un jour de courir: La mort ou un accident, le fait de ne plus pouvoir me déplacer par moi-même.

La course de tes rêves: UTMB (un classique)

Tes meilleur temps sur…

5km : 28’46’ (5km MEC avril 2015)

10km: 59’59’ (10km de Nîmes, 1er mai 2013)

Semi: Je n’ai fait aucun semi sur route sauf le semi hypothermique de Montreal mais par -30 donc est ce que cela compte vu les températures extrêmes ? Je ne suis pas sûr (2h29’50, février 2015).

Marathon: Jamais fait, sauf en trail

Portrait réalisé par Greg du blog Greg Runner

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