Portrait
Stéphanie Basket au pieds, la course à pied version nature
 
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DSC_0303Ceux qui ont lu mon portrait il y a 2 semaines, ont vu que quand on me demande de citer un coureur préféré, c’est une liste de traileuse qui me vient à l’esprit. Notre championne du monde, Nathalie Mauclair, représente pour moi le summum de l’héroïne quasi-romanesque, mère de famille, infirmière – métier ô combien exigeant – et machine de guerre de l’ultra-trail, à des années lumières des petits mickeys de fin de peloton comme moi. Mais nul besoin de boucler la Diagonale des fous en moins de 30 heures pour susciter mon admiration.
Alors quand on me demande de choisir un membre de la Runno, je suis heureux d’avoir l’opportunité de faire le portrait d’une de ces super-héroïnes, Stéphanie « Baskets aux pied », mère de deux enfants de 8 et 13 ans, qui se transforme en rambo, dévoreuse de gadoue et de D+ le week-end.

Dans la famille Baskets …

Et nous ne sommes plus à une époque ou Madame suit Monsieur et se met vaguement au même sport pour occuper les dimanches. Dans la famille Baskets (aux pieds), c’est Stéphanie qui a été le déclencheur de la pratique familiale :  « Lui était un grand sportif quand il était plus jeune avec de nombreuses années de vélo ce qui lui confère un coeur de sportif alors que moi mes années de danse ne m’ont apporter que souplesse ce qui est déjà pas si mal ».
Il s’est donc mis à courir après elle. Somme toute rien d’anormal 🙂
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Bien sur, comme pas mal de runneuses, championnes ou simplement très assidues, l’humilité face à sa gestion exemplaire de l’emploi du temps est de mise chez Stéphanie. L’organisation est pourtant loin d’être simple : horaires SNCF pour le boulot, runs placés judicieusement quand les enfants ne sont pas là ou quand Papa les garde … sans oublier son activité de blogueuse qui est loin d’être négligeable. Elle privilégie heureusement toujours sa famille. Mais celle-ci est bien calée sur sa pratique de la course à pied. Son fils de 8 ans peut même l’accompagner en vélo. Et pour les week-end de trail, les grands-parents prennent le relais, laissant Madame et Monsieur Baskets à leur joie enfantine de patauger dans la bouillasse ou d’apprécier la plénitude d’une course en forêt.

« J’avoue, tu m’as bien cernée, j’adore la boue »

Vous l’aurez compris, le trail est ce qu’elle préfère. Et pas seulement parce que, comme elle l’avoue, on peut marcher sans passer pour une nulle. Ses années de danse la rendent confiante sur ses appuis et lui permettent de s’engager naturellement dans les descentes (NdR : quelle chance !). Dans les montées, elle adore l’effort et le maintien d’un rythme pour se pousser dans ses derniers retranchements. Elle aime moins le plat parce qu’elle ne se trouve pas assez rapide.

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Et au parisien effronté (moi) qui s’étonne que l’on puisse autant parler de dénivelé quand on habite dans le plat Berry qui est le sien, elle répond qu’il y a quand même du vallonné et qu’elle n’est qu’à 2 heures de voitures du Sancy en Auvergne. D’ailleurs elle était au départ du trail hivernal du Sancy en janvier de cette année.

Blessée seulement …

Si globalement vous ne trouverez jamais dans les portraits de la Runnosphère quelqu’un de vraiment malheureux, il est un point négatif que tous évoquent. Faites le test, passez une soirée avec des runners et chronométrez le temps qui passe avant que quelqu’un lance « l’instant où l’on aborde enfin ses blessures ». Stéphanie ne fait pas exception mais, comme pour tout, l’humilité et le sens de la mesure se ressentent dans sa réponse : « Ma première blessure date de cette année, une douleur derrière la cuisse droite. Après différentes visites chez le doc puis du kiné on a fini par traiter pour une sciatique… et bim ça m’a pris à gauche : contracture. Bref, 5 mois plus tard, je commence juste à courir de nouveau. Cette  période ne m’a pas traumatisée. La CAP n’est pas le centre de ma vie, j’ai plein d’autres activités qui m’ont permis de relativiser tout ça et il y a surtout bien plus grave que ça pour pas m’apitoyer sur mon sort. »
Un mental de warrior à ajouter à la panoplie. Les habituelles périodes de doute ne l’ont pas fait flancher. Ni son récent forfait sur le 32km de la Pastourelle à cause de sa blessure. Elle pense aussi que le fait de n’avoir pas dépassé 30 km l’a empêché de connaitre le fameux mur (NdR : rassure-toi, je l’ai attendu en vain pendant tout mon 1er marathon).
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Stéphanie vient tout juste dans la catégorie des jeunes femmes Vétéran 1. Comme beaucoup, comme moi, elle n’a tellement pas de problème avec son âge qu’elle se dit qu’elle espère des podiums en V3 voire en V4. D’ici là, voir des championnes quadra, qui lui inspirent forcément respect et admiration, lui montre que la volonté est plus forte que tout. Loin de l’idolatrie, elle admet beaucoup aimer la traileuse-diva-punk Catra Corbett pour « son coté décalé, ses défis et ses tatouages aussi 🙂 ».

Carpe diem

Elle s’entraine au ressenti, peu intéressée par les geekeries comme la VMA ou la Fréquence Cardiaque Maximale. Sa montre GPS, une Garmin 610 est à cette image, simple, fiable, complète mais qui reste un outil. Elle ne collectionne ni les médailles, ni les records personnels sur route. Une vraie traileuse qui met la notion de plaisir avant tout. La course à pied ne doit pas devenir une n-ième contrainte dans sa vie. Il y en a assez sans ça. Quand on lui demande une citation, elle répond « Carpe Diem ». On aurait presque pu deviner à travers toutes ses réponses. On en doute encore moins quand elle cite ses meilleurs souvenirs de courses entre amis sans oublier « le week-end de débauche qui va avec ».
Parler de son expérience de la course à travers un blog s’est fait de façon tout aussi naturelle que le reste. Ensuite, la discipline du blog est devenu un formidable vecteur de motivation. Et puis il y a eu la Runnosphère, l’échange, notre principale motivation à tous. Et quand celui-ci sort du grand sentier de la virtualité pour devenir une rencontre réelle, cela donne un excellent souvenir de sortie avec les potes sur The Trail de l’Yonne en 2014.
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Rêve d’Orient

Stéphanie rêve de trainer ses Brooks Cascadia ou ses Saucony Peregrine en Asie du Sud-Est. Idéalement sur une course à étape. Elle a déjà visité plusieurs pays, Sri Lanka, Cambodge … Gageons qu’elle devrait concrétiser son rêve d’ici peu. En tout cas on lui souhaite (NdR : tu as le droit de m’envier pour le trail d’Angkor en Janvier prochain).
Au final, en tant que rédacteur de ce portrait, je me trouve beaucoup de valeurs commune avec Stéphanie. Peut-être les vrais valeurs de ceux qui aiment le trail depuis le coeur du peloton. La course lui apporte beaucoup même si elle arrive quand même à citer quelque chose qui l’énerve : les gels qui trainent par terre que l’on voit en nombre quand on est plutôt en queue de peloton (NdR : j’ai personnellement rejoint l’association Trail Runner Foundation pour faire quelque chose contre ça).
Une bien belle rencontre avec quelqu’un de très impliquée dans la vie de la Runno. C’est elle qui gère précisément la rédaction et le planning des portraits de membres. Une rencontre que j’espère un jour voir devenir réelle … baskets au pied … dans la gadoue d’un trail berrichon ou autre.
Portait réalisé par Jean Guillaume du blog Endomorfun
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