Portrait
Richard … le disciple
 
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20150830-arrivee-2Richard Coffre, cela fait pas mal de temps qu’on se connaît. Pilier de mes animations sportives, il a déjà couru innombrables kilomètres avec moi. Des animations barefooting, des boucles de tout Paris par les Maréchaux (34 kilomètres, quand même !), le Marathon de Paris, des parties frénétiques de TrailBall… Mais, c’est bien vrai qu’on ne connaît pas vraiment quelqu’un seulement en courant à ses côtés. On aurait le temps de creuser, mais le sujet du jour, c’est plutôt la course. Disons aussi que je suis plutôt introverti dans la vrai vie…
Deux éléments attirent l’attention quand on s’intéresse à Richard. D’abord, il se positionne en disciple. De course à pied ? Richard ne donne pas l’impression d’être « mono-sujet » – plutôt un profil de curieux. Ensuite, le nom de son blog – desala.org. Richard m’explique l’origine de ce mot. Il s’agit du portail « mère nourricière », Oma Desala, dans la série culte de science-fiction, « Stargate ». C’est clair – il n’y a pas que la course à pied qui le fait carburer. Creusons un peu…
Richard approche la cinquantaine, mais c’est un coureur ultra-expérimenté, heureux dans sa pratique, et peu fragile. Il pratique depuis bientôt quatre décennies(!). Ainsi, il a eu le temps de se réaliser d’abord en tant que sprinteur et sauteur, avant de progresser vers la course sur route à partir de 26 ans sur semi-marathon, puis de se frotter à la distance reine. Moi-même jeune cinquantenaire, j’ai voulu savoir s’il se voyait encore courir dans quelques décennies ? Bien sur, comme son père, avec qui il a partagé le semi de Paris en 2015 ! De toute manière, les « vrais courses » il en a fait un paquet, jeune, alors désormais, c’est pour le plaisir. La sagesse avec l’age ? En tout cas, le sport ne prime pas sur la vie…
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Tout de même, ses 6 séances et 70km par semaine forcent le respect. Comment fait-il pour récupérer, pour éviter les blessures ?  Des trêves annuelles ? Pas du tout – il aime trop l’effort d’endurance pour couper. Récemment il a adopté une nouvelle pratique, la course lente. « Depuis juin 2015, je suis adepte du slow en appliquant la méthode Hanson pour le marathon(…). Je n’ai plus le droit de faire des séances de vitesse (…) avec une vitesse moyenne de 10 km/h car je base mes séances sur un objectif de 3h30 au marathon soit 12 km/h.. » Courir lentement pour courir vite après. Ça se tient !
Richard me confie un « truc » pour faire passer les heures d’entraînement ; il écoute des podcasts (histoire, économie, science, développement de soi). Nous revenons naturellement sur l’aspect « disciple » donc. Richard, ingénieur de formation, est coach en entreprise, dans la vrai vie où il accompagne des collègues sur les méthodes de management agile. Pas étonnant, d’ailleurs, d’associer apprentissage et enseignement, ça va de pair. Sur ce point, également, nos pratiques sportives se ressemblent, avec ma passion pour enseigner la course pieds nus, sur fond de blog…
Venons-en aux blogs, justement. Richard en tient plusieurs, dont ce véritable portail pour échanger avec les coureurs, desala.org, lancé en 1998 pour consolider ses connaissances web. D’un outil pour fédérer sa famille éparpillée à travers le monde, Desala est désormais dédié à la course à pied. Récits de course (lisez son semi avec son père ! ) mais aussi plein d’articles sur le matériel et les accessoires. Richard est adepte du principe « Less is more » (le minimalisme) qu’il applique volontiers à ses propres choix de chaussures, par exemple. Des Fivefinger Bikila Evo quand il veut être « roots » et des On Cloudflyer.
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Je le charrie (gentiment !) sur l’apparente contradiction entre tests de produit et ses convictions personnelles. Selon lui, le bloguer doit-il rester neutre, ou doit-il justement défendre ses propres convictions ? « C’est un aiguillon, » dit Richard. « Il ne doit pas forcément être impartial dans le sens où il peut avoir son avis, mais il faut qu’il laisse les autres s’exprimer. » Il guide ses lecteurs afin qu’ils fassent de bons choix, et distribue des produits à ses followers pour ne garder que le nécessaire. C’est un animateur, ajoute-t-il, avant de rappeler que la notion de « less is more » ne doit pas s’accompagner d’un repli sur soi, au contraire parfois. Il faut s’informer et le faire complètement afin de faire (…) les bons choix. »
En guise de conclusion, je demande à Richard ce qu’il pense des relations entre un blogueur et sa communauté : n’est-ce pas dresser une barrière insurmontable entre le réel et le virtuel, qui empêcherait de lier de vrais amitiés ? Richard n’y voit pas une opposition, plutôt un levier permettant d’écarter la distance. Il cite son amitié avec Running Addict au Québec. Richard termine par évoquer notre propre parcours – curieux de la course minimaliste, il devient lecteur de mon blog, noue une relation sur des échanges écrites, puis finit par me croiser dans la vrai vie. Et quel blogueur n’est pas heureux de rencontrer ses lecteurs les plus passionnants ?
Portrait réalisé par Christian du blog courir pieds nus
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