Portrait
Les EarlyBirds à Paris 5h du matin de Dare Marathon
 
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Depuis quelques années, chaque jeudi matin à 5h en pleine nuit ou à peine au lever du petit jour, un groupe de fous furieux s’élance dans les rues de Paris pour sillonner la capitale et profiter de la Ville dans le calme relatif du réveil en douceur de la belle endormie.

A l’initiative de ce mouvement, retrouvons notre ami Dare Marathon alias Eric Ouaknin ancien triathlète et marathonien au long cours en charge de l’animation de ces équipées sauvages.

Un bon pain dans un corps sain! from MOULINS FAMILIAUX on Vimeo.

Runnosphère : Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Dare Marathon : Eric, 56 ans  coureur à pied modeste de part ses chronos mais expérimenté. Je cours depuis septembre 2009

Comment as-tu eu l’idée de courir en pleine nuit à Paris ?

En préparant le marathon de Barcelone  2011 si mes souvenirs ne me font pas défaut. Le Bois de Vincennes, où je m entraine régulièrement était enneigé et ne fondait pas. Il fallait que je fasse mes séances, je suis donc sorti une nuit à Paris aux alentours de 4h30/5h et me suis aperçu qu on pouvait courir sur la chaussée sans rencontrer de voitures (ou très peu) à cett heure-là. L’atmosphère toute particulière dans Paris allié au fait que les rues sont à moi pendant quelques heures m’ont décidé très vite a renouveler l expérience.

Quand as-tu commencé les earlybird ?

En  2011, tout d abord, seul,  puis avec 2 ou 3 personnes (tu t’en souviens surement puisque tu faisais partie de celles-là). Le bouche a oreille et mes  éventements postés sur la  plate forme Jogg.in, aujourd’hui disparue, ont amené de plus en  plus d adeptes. Ceux qui sont venus on tellement aimé qu’ils ont réussi a convaincre leurs potes.

Quel est l’intérêt de courir très tôt le matin quand Paris ne s’est pas encore éveillé ?

déjà physiologiquement  tes pulses sont  plus basses, tu te sens en super forme après un tel run, tu as  une patate d enfer. Je précise que nous courrons tout doucement entre 6 et 6’30/km selon le parcours et les coureurs en présence. Nous nous adaptons aux plus lents de façon a ce que tout le monde soit content et qu’ il ait envie de revenir.

le revers de la médaille :  fatigue qui survient dans l après midi ou en début de soirée. Après un 1er coup d’essai , certains n’ont pas renouvelé l’expérience car il n’ont pas  pu être opérationnel pour leur métier le reste de la journée.

Mais le principal intérêt, c’est surtout d’avoir Paris à nous pendant 1h30 (à  6h30 tu dois rendre la route aux bagnoles) une atmosphère dans la capitale  sans égal. L’effet de groupe ajoute à la motivation de certains coureurs qui ne se lèveraient probablement pas s ils devaient aller courir seul.

A noter que ce sont les filles les plus courageuses et motivées car elles sont souvent  les plus nombreuses .

Vu l’engouement et l’ampleur que cela prend, comment fais-tu quand tu n’es pas là pour que le tour nocturne se fasse sans toi ?

Je suis « condamné » a être présent tous les jeudis, je dois m’absenter en tout et  pour tout 3 fois dans l’année.

Au début je reportais le run d une semaine, mais maintenant que nous avons un noyau dur d’enragés, je demande à l un d’eux de reprendre la sortie  en refaisant le dernier parcours pour simplifier.

Autrefois, je faisais une coupure entre avril et septembre qui a moins d attraits car il fait jour mais l’an dernier les « fideles » m’ont demandé de maintenir la sortie sans break.

 


Comment prépares-tu tes parcours ?

Je m arrange pour les préparer à l avance de façon a lancer  les invitations pour la prochaine sortie dans la journée qui suit le run. je mets tout en œuvre  pour proposer des parcours différents chaque jeudi et même  lorsqu’un parcours nous est déjà familier (la Cité, Saint-Louis, Le Marais se répètent forcement en partant de Bastille), je m’arrange  pour traverser de nouvelles rues. J’emprunte un maximum de rues en sens unique dans le sens inverse de la circulation de façon a voir venir une voiture s’il s en présente une face à nous.

Nos run partent de Bastille et reviennent à Bastille, ce qui ferme des portes à de nombreux coureurs habitant dans le fin fond de  l’ouest de Paris ou en banlieue, j en suis conscient.  Cela dit, ça vient de partout, une fille venait de Montrouge par  2 noctiliens, deux autres viennent régulièrement de Nogent/Marne en voiture, un autre  de Courbevoie en scooter et par  2 fois nous avons même eu la visite d un groupe de Versaillais venus en voiture ! Une bonne partie vient en courant, s’ajoutant ainsi quelques bornes supplémentaires.

Parfois, nous avons la visite de quelques étrangers de passage à Paris.


Merci et un dernier mot pour la fin ? comment tu pourrais encourager une personne qui a peur de venir courir le matin avec vous ? »

Si nous avons un noyau dur de furieux, il est évident qu’une rotation de coureurs(euses) s opère chaque année ; non pas parce que la sortie ne leur plait  pas ou plus mais par obligation professionnelle ou familiale, excès de fatigue (la raison la plus courante), blessure ou encore éloignement suite à un déménagement.

Une personne qui vient une fois, sauf contrainte comme évoquée plus haut, reviendra.

Nous acceptons tous les types de coureurs et ceux et celles qui auraient , par je ne sais quel complexe , peur de retarder le groupe, doivent savoir que cette sortie est faite justement pour eux.  Plaisir et convivialité sont les  mots d’ordre. Nous n’avons jamais perdu quelqu’un en route.

Paris, endormi à cette heure-là , est une ville éclairée et sûre (pas besoin de frontale)

les parcours  font en général 15km, parfois un peu moins mais nous avons toujours la possibilité de récupérer  certains runners qui ne veulent pas effectuer toute la distance lorsque le parcours passe non  loin de chez eux (je poste le parcours sur la page de l’événement  Facebook).

Jogg.in ayant disparu, les invitations se font par l’intermédiaire de l’événement FB. les intéressés peuvent me contacter, ainsi seront-ils ajoutés a la liste de diffusion et invités à chaque sortie sans être oubliés.

Le dernier mot sera  justement pour tous les « Early Birdiens », dont la  plupart sont devenus de vrais potes, qui me donnent la force de me lever tous les jeudi grâce à leur présences, leur sourire, leur gentillesse et leurs retours positifs qui nous apporte chaque année du sang neuf. Merci à vous.

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