Course, Portrait
Emmie Gellé 7h55 à l’ecotrail de Paris 2017, maman, violoniste et championne de course à pied
 
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Aujourd’hui à la Runnosphère, nous recevons la sympathique championne Emmie Gellé qui a terminé l’ecotrail de Paris 80 km dans le temps faramineux de 7h55, soit 110ème au scratch 5ème femme et 2ème V1F.
Emmie est une sportive détonnante dans le monde du running, car avant tout maman de quatre beaux enfants, violoniste passionnée, elle a débuté la course à pied sur le tard juste pour accompagner Renaud son mari sportif !

Ceci est son histoire.

(Crédit photo : Marc Laguillaumie)

Runnosphère : Bonjour Emmie et toutes nos félicitations pour ta très belle performance à l’écotrail de Paris 80 km bouclé en 7h55 soit 110ème au scratch 5ème femme et 2ème V1F, tu es une touche-à-tout de génie : maman de 4 enfants, violoniste, coureuse sur route. Comment as-tu découvert la course-à-pied ? Quand as-tu pris conscience que tu avais un très bon niveau ?
Emmie Gellé : Tout d’abord merci pour ces beaux compliments, et merci de prendre la peine de me contacter! C’est un peu fou ce qui m’arrive. Et sachant d’où je viens, je me pince encore pour y croire.
Pour vous répondre simplement… Jusqu’à mes 40 ans, je n’étais pas du tout sportive, nada, rien de rien! A part les cross des collèges obligatoires à l’époque (ça remonte un peu …), je ne faisais aucun sport. Ma passion c’était (c’est toujours) le violon. J’en faisais plus de 15h par semaine au conservatoire de Tours. A 17 ans, j’ai rencontré Renaud, qui sera mon futur mari. Lui, il était déjà fou de vélo et avait débuté la course à pied également. Des kilomètres, j’en ai parcourus, mais pour le suivre et l’encourager, en fidèle supportrice! On a eu 4 enfants ensemble, je me suis épanouie comme maman, rôle que j’ai vécu pleinement (tous allaités 1 an, être le plus possible auprès d’eux, congé parental etc.), et dans mon métier de sage-femme. Puis, comme beaucoup, on a eu des moments plus difficiles. En 2013 tout s’est condensé: soucis de travail, de santé, licenciement économique, la quarantaine… bref. On a eu besoin de se retrouver, et ce fut autour de la course à pied. Pour être plus proche de lui, j’ai voulu partager ses sorties d’entrainement, et me suis lancé le défi en janvier 2014 de courir le marathon de Paris au mois d’avril suivant. Et voilà comment tout a débuté! Premières baskets, licence au club, je découvre la piste, Renaud me guide et me fait profiter de toute son expérience et de ses connaissances. En avril, je suis au départ du marathon, un peu terrorisée… je n’ai même pas de montre encore, je cours aux sensations, prudemment, juste pour finir! Aucune idée de chrono à l’époque. Et là, surprise, tout va bien. En étant restée « cool », je termine en 3h32, 8 mn devant mon homme! Pour une première, ça me paraissait déjà fou. Ensuite tout s’est enchainé progressivement, j’y ai pris goût, et je n’ai cessé de progresser. On s’entraine dur, mais la satisfaction est toujours au RDV!
J’ai surement la chance d’avoir des capacités que j’ignorais, et d’être bien réceptive aux entrainements. Peut-être que n’ayant jamais fait de sport auparavant, je ne suis pas « usée » non plus ;-).
Maintenant, je ne suis qu’une femme ordinaire, le sport reste un loisir même si je m’y investis bien! Je ne sais pas si on prend vraiment conscience de son niveau. Je n’ai pas l’impression d’être hors norme, il y a des gens vraiment meilleurs que moi, et il y en a beaucoup! Par contre, dans le sport comme dans la vie, j’aime les choses bien faites, et je donne tout pour faire de mon mieux.

Tu pratiques souvent la course en tandem avec ton mari, comment en tant que maman arrives-tu à concilier tes entrainements et ton emploi du temps surchargé ?
Effectivement, je cours toujours avec mon mari, la plupart du temps le soir, en fin de journée. Mes enfants sont extra, ils sont fiers de leurs parents, de leur maman. Et puis ils ont grandi, le dernier a 10 ans maintenant. Quand les devoirs sont faits, je peux donc les laisser sans souci pour aller courir. C’est pas plus compliqué…!

Vu tes résultats, es-tu suivi par un coach ? Quel est ton volume d’entrainement par semaine?
Non, pas de coach. Je suis au club de Vaux le pénil Athlétisme, club familial et amical! On s’entraine librement, pas de contrainte, pas de pression. Je cours 5 à 6 fois par semaine, selon les objectifs du moment. Une centaine de km hebdomadaires maxi pour les plus grosses semaines. Mais ça ne m’est pas arrivé souvent.

Comment choisis-tu les courses ? 10 km, semi, marathon dans l’année et quels sont tes prochains objectifs 2017 ?
Je choisis mes courses au feeling, j’aime la nouveauté, les défis, je n’aime pas trop refaire plusieurs fois les mêmes. Les limites, ça reste la nuit… pour moi, la nuit, c’est fait pour dormir!
En 2017, j’avais envie de l’Ecotrail, et surtout je rêvais de New York… Mais pour avoir un dossard, il faut passer par une agence. C’est hors de prix et je n’en ai pas les moyens. Sauf que j’ai appris cette année qu’on pouvait avoir un dossard sur performance, et que j’avais largement réalisé les chronos demandés! J’ai donc mon ticket pour réaliser un rêve, Renaud aussi… Alors, sauf imprévu, on ira courir le marathon de New York en novembre 2017!

L’écotrail de Paris 2017 80 km c’est ton premier long, comment en-es tu venue à te dire que tu pourrais courir quasiment 2 marathons d’affilée ? Défi personnel ou bien pari perdu avec ton mari ?
En fait, mon premier long, c’était en 2015… Là, j’avais vraiment eu un grain de folie, et c’est moi qui avais lancé le défi à Renaud. On a fait les 100km de Vendée, les championnats de France de Chavagnes. On n’était pas préparés du tout, on s’était inscrits 6 semaines avant. Nos seules sorties longues avaient été 2 semi-marathons! On l’a fait au mental, ça a été une expérience très forte, où on apprend beaucoup sur soi. Après de grosses galères digestives, j’ai bouclé la distance en 9h47, 9ème féminine et 5ème de ma catégorie.

Quelle a été ta préparation spécifique pour relever ce challenge, as-tu suivi une préparation mentale particulière ?
Par rapport à 2015, j’avais l’expérience du 100 bornes et de 4 marathons supplémentaires. Cette fois, on a surtout fait « du kilométrage », de belles sorties longues en forêt le dimanche (avec 2 amis du club), d’une trentaine de kilomètres en moyenne. Je sais, ce n’est pas extraordinaire, mais on fait ce qu’on peut! Petite (et pas des moindres) difficulté supplémentaire pour moi, j’ai dû composer avec les cross, depuis les départementaux jusqu’aux championnats de France.
Pas simple de concilier les deux: Cross = court, rapide et explosif / Ecotrail = long, lent et régulier…
Sinon, non, aucune préparation mentale! Pas plus de coach que de préparateur ou autre. Juste l’envie d’aller au bout et de faire de mon mieux.

L’écotrail de Paris comme tout autre course longue est une course à étapes, as-tu préparé soigneusement le terrain en faisant des repérages, les dénivelés positifs et négatifs de chaque portion de la course que tu allais affronter ou bien tu t’es lancée dans l’inconnu ?
Plutôt la deuxième réponse… 😉 . J’avais juste connaissance des notions affichées sur le site officiel, la carte du parcours et le dénivelé, ainsi que le lieu et la nature des ravitaillements. Un copain du club qui l’avais déjà fait m’avait un peu décrit le type de terrain, et j’ai regardé les photos des éditions précédentes.

Auréolée de ce premier succès et la tête encore dans les nuages, vas-tu t’attaquer à d’autres trails et plus particulièrement du long et de l’ultra ?
Peut-être… je n’en sais rien! Encore une fois, ma limite, c’est la nuit… pas certaine d’avoir envie de me retrouver en plein sketch de Yohann Métay, même s’il m’a fait mourir de rire!

Quel est ton rêve en tant que coureuse ?
J’espère en vivre un bientôt… New York! Et puis aussi courir Berlin un jour. Passer sous les 3h au marathon peut-être… Bref, il y a de quoi faire encore!

Quels sont tes prochains objectifs pour 2017 ?
Cette semaine, je n’ai même pas envie d’y penser, je profite du moment présent! Repos, resto, récits, je suis encore au premier étage de la Tour Eiffel dans ma tête…

Un dernier mot peut-être ?
Rien d’impossible! Les filles, les mamans, les non sportifs, les « vieux » comme moi, osez essayer, il y a toujours des choses à découvrir en soi, des qualités parfois bien cachées et insoupçonnées!

Merci à toi de t’être prêtée à ce jeu des questions-réponses, nous te souhaitons une bonne récupération et une excellente continuation !

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