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Interview Jean-Pierre Run Run – Ultra Run Raramuri au Mexique
 
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Bonjour Jean-Pierre, tu reviens d’un voyage fabuleux au Mexique où tu as participé à la 2ème édition de l’Ultra Run Raramuri où tu as eu l’impression d’avoir vécu un voyage initiatique, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis un passionné de course à pied sous toutes ses formes. Je pratique le running depuis une trentaine d’année en suivant les pas de mon père. Aujourd’hui c’est mon fils de 16 ans qui prend la relève.

Je suis marié à une femme formidable qui m’encourage dans chacune de mes « expériences » sportives. J’ai deux garçons de 14 et 16 ans. Je travaille dans la communication

 

Comment as-tu eu l’opportunité de participer à une telle aventure si lointaine ?

C’est l’organisateur Jean-François Tantin qui m’a contacté pour ce défi un peu fou, il a fait germer en moi une petite graine d’aventurier. Quelques jours après, je donnais mon feu vert pour cette aventure au Mexique : 180 Km avec 10.000 m de D+

 

Comment t’es-tu préparé à avaler autant de kilomètres et de dénivelé, as-tu un coach pour ce genre d’épreuve ?

Pour ce défi hors-norme, il me fallait un spécialiste de l’endurance. J’ai fait appel à Jean-Baptiste Wiroth, un coach spécialisé dans l’ultra. Je connaissais son sérieux de réputation et le courant est immédiatement passé entre nous. Il est basé à Nice et moi à Paris, mais fonctionnons par plan mensuel avec chaque semaine un point téléphonique.

Il a introduit de longue sortie en endurance, voir en rando-course avec des bâtons. Etape nécessaire pour ce genre d’ultra ou finalement nous marchons plus que nous ne courrons. Dans cette méthode, il y a aussi beaucoup de renforcement musculaire avec deux séances en salle par semaine.

Site du coach : http://www.wts.fr/

Site de la salle de sport : http://www.monstade.fr/

 

Au niveau diététique du sportif, avais-tu un poids de forme cible, en quoi consistait ton alimentation ?

Je fais très attention tout au long de l’année, j’ai un poids de forme annuel que je maintien assez facilement. Donc pas de grand changement, une alimentation riche et varié comme tous les marathoniens. Pour tenir le coup, j’ai pris pas mal de Spiruline pour apporter les protéines et minéraux nécessaire.

 

Quel était ton état d’esprit tout au long de la course, euphorie, tristesse, colère, joie, énervement ?

L’ultra était une nouveauté pour moi, il me fallait donc être très prudent sur mes allures. Mon objectif était simplement d’être « finisher ». J’ai donc adopté un rythme bien en dessous de mes capacités. Ce qui m’a permis de ne jamais être dans le rouge. J’ai connu l’euphorie, et la fatigue mais jamais de phases de détresse ou d’épuisement total. J’ai été pas mal aidé par la présence de deux concurrents expérimentés : Alexandre Lucas et Vincent Hulin. Nous avons parcouru ensemble les trois quarts de la course. Cela change tout, de ne pas être seul !

 

Quelle était ta vitesse moyenne, tu avais une stratégie ? est-il possible de finir en marchant du début à la fin ? Y’a t’il des barrières horaires difficiles sur cette épreuve ?

Ma stratégie était simple : « être finisher » de mon premier ultra-trail. J’étais aidé en cela par la barrière horaire très souple. Nous avions 96h pour parcourir les 180 km. J’ai donc pris mon temps et profiter de chacun de ces instants magiques au Mexique. J’ai couru les six premières heures, puis les difficultés furent tels que j’ai adopté un pas de randonneurs pour affronter les montées et descentes vraiment très engagées.

 

Au niveau du terrain, tu le qualifierais de roulant, technique avec des racines, rochers ou très techniques avec des voies pratiquement impraticables ?

Les canyons mexicains ou Barrancas sont très difficile de par leur chaleur la journée et froid la nuit. Des amplitudes de 40° à 4° en permanence. Très chaud la journée et très froid la nuit. Il fallait donc être équipé en conséquence. Les parties entre le CP1 et CP3 furent sans aucun doute les plus difficiles avec des montées sèches et des descentes vertigineuses ou il fallait s’agripper aux branches pour avancer.

 

Quel enseignement personnel as-tu recu d’une telle aventure ? Quel est ton prochain défi fou après une telle performance ?

Cette course, fut en fait une aventure, puis que nous n’étions que 8 concurrents français et 14 indiens Raramuris. J’ai découvert un nouveau sport, un nouveau pays, mais aussi de nouveaux compagnons de jeu. Mes amis trailers furent nombreux à distiller de précieux conseils, à commencer par Vincent Gaudin et Sylvain Bazin, tous deux trailers expérimentés.

 

Le mot de la fin

Cet ultra à ouvert de nouvelles possibilités chez moi. En vieillissant, la vitesse sur marathon décroit, même si je pense que je n’ai pas dit mon dernier mot. Je vais m’orienter de plus en plus vers ce genre d’épreuve à mi-chemin entre sport, découverte et surtout partage. Ce qui est le propre des blogueurs de la Runnosphère !

 

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