A travers le monde, Actualité de la runnosphère, Course, Portrait
Stéphane jeune marathonien … à 60 ans
 
Pas de commentaire

Jeune marathonien, notre ami Stéphane alias Runnaissance.be a découvert la course à pied sur le tard.

Il a couru son premier marathon à 60 ans, à l’âge où certains dont notre fabuleux Pinkrunner a déjà parcouru plus de 100 marathons.

Ceci est son histoire.

StéphaneRunnaissance.be

Runnosphère : Comment as-tu découvert la course-à-pied ? Quand as-tu pris conscience que tu adorais ca malgré le fait que cela puisse paraitre ennuyeux pour d’autres ?
J’ai découvert la course à pied en 2015. En surpoids, j’ai voulu accompagner ma cadette dans un plan de remise en forme qui comprenait du cardio. Nous sommes donc partis faire ce cardio et pendant qu’elle courait, moi je marchais péniblement aidé de bâtons. Je me suis dis que c’était con de ne pas partager ces moments avec ma fille et j’ai suivi un programme trouvé sur internet qui en, 25 séances, m’a fait passer d’une minute de course à 25. Ma première fierté.
Je n’ai jamais trouvé la course ennuyeuse car c’est un voyage intérieur et mon esprit vagabonde. Ensuite, tout s’est enchainé : 5, 10, 20, semi et la passion était bien présente.
Tu pratiques souvent la course à pied, comment arrives-tu à concilier tes entrainements exigeants pour préparer les semis et marathons que tu enchaines et ton emploi du temps entre famille, travail et poker ?
J’ai une épouse très compréhensive et j’ai également pas mal de congés qui m’offrent du temps disponible. Grand-père depuis peu, j’ai pris conscience que le temps est bien plus important que l’argent. Je profite donc au maximum de tout ce temps libre même si j’ai diminué un peu les tournois de poker live.
Es-tu suivi par un coach ? Quel est ton volume d’entrainement par semaine ?
Oui, j’ai un coach vocal, une application (formyfit.com) dont la voix me guide selon mon rythme cardiaque et un plan de course très structuré et basé sur mes capacités. J’ai baptisé la petite voix Kathrine en hommage à Kathrine Switzer qui a tant fait pour le marathon féminin. Cette application est géniale et je vous la conseille vivement car toute une équipe bien réelle et présente est derrière. En fait, je me prépare au marathon d’Amsterdam depuis janvier et j’ai découpé ma saison en trois objectifs et autant de plans de huit semaines : les 20 km de Bruxelles, un semi local et le marathon. Pour le marathon, j’avais quatre sorties par semaine soit près de six heures.
Comment choisis-tu les courses ? 10 km, semi, marathon dans l’année et quels sont tes prochains objectifs ?
J’habite dans une région où la course à pied sur route est reine. Un challenge, l’ACRHO (acrho.org), regroupe 40 courses de 9 à 21 km avec chaque fois de 400 à 1000 coureurs et je participe au deux tiers d’entre-elles. J’y ajoute des courses « plaisir » comme les 20 km de Bruxelles, le trail de la Côte d’Opale, etc. J’ai découvert les trails cette année et cela m’ouvre d’autres horizons. J’ai tellement connu de belles sensations que je veux refaire un marathon et j’ai même l’intention d’en programmer deux en 2019. A 60 ans, les années sont précieuses et il faut aller au bout de ses rêves. Mes destinations ne sont pas arrêtées mais je zieute sur Barcelone au printemps et Berlin en automne. Je suis déjà partant pour les 32 km du trail des tranchées à Verdun et probablement que je referai le trail de la Côte d’Opale. Bien évidemment, je continue à participer aux courses locales.
Un premier marathon c’est l’épreuve mythique par excellence, le graal de tout jogger du dimanche, comment en es-tu venu à te dire que tu pourrais terminer une épreuve si difficile ? Défi personnel ou bien pari perdu avec ta femme ? Une préparation mentale particulière ?
C’est un défi personnel. La course à pied m’a permis de retrouver l’estime et la confiance en moi et les copains du poker étaient tellement enthousiastes après avoir vécu leur premier marathon que je voulais également connaître cette expérience. J’ai une dizaine de courses de 20 km à mon actif mais j’ai quand même douté jusqu’à la dernière semaine. J’avais confiance en ma volonté mais je doutais sur ma condition physique d’autant plus qu’une maladie auto immune s’est rappelé à mon mauvais souvenir le mois précédent le marathon me privant de 11 entrainements sur les 16 programmés. Mon épouse n’était pas très enthousiaste à ma participation car elle craignait pour ma santé mais elle connaît mon côté jusqu’au-boutiste et elle est restée à mes côtés pendant l’aventure. Mentalement, j’ai visualisé la ligne d’arrivée et le dernier tour de piste des dizaines de fois avant de m’endormir. Quinze minutes avant le départ, j’ai fait le point en regardant l’arche d’arrivée et je me suis persuadé que j’y arriverai. J’ai également découpé mon parcours en séquences de 19 minutes de course et 1 de marche ce qui m’a vraiment aidé.
Le marathon n’est pas une course sur route comme un 10 ou un semi, il faut gérer son alimentation, les problèmes gastriques, les pauses pipis et surtout le fameux mur, as-tu préparé tous ces aspects ou bien tu t’es lancé dans l’inconnu ?
J’étais très perturbé par mes ennuis de santé et j’ai pris mes précautions au niveau intestinal. Si j’ai squatté les vespasiennes du stade avant la course, je n’ai connu qu’une pause technique durant la course. En ce qui concerne l’alimentation, je n’ai pas pu prendre le breakfast à l’hôtel car cela ouvrait trop tard. J’ai donc déjeuné (je suis Belge et on déjeune le matin) avec du pain d’épices. Pendant la course, les ravitaillements sont nombreux et on y trouve de tout et je n’ai pas connu de problèmes d’autant plus que la température était clémente. Quant au mur, je l’attends encore ! Je l’ai connu lors d’un 20 km quinze jours plus tôt (j’étais en pleine crise de Crohn) mais rien à Amsterdam.
Auréolé de ce premier succès et la tête encore dans les nuages, vas-tu t’attaquer à d’autres marathons et plus particulièrement du long, des 100 km, des ultra-trails ?
Comme évoqué plus haut, je veux connaître à nouveau les sensations d’un marathon. pour le plus long, cela reste un défi délicat vu mon gabarit (109 kilos pour 1m93). Mais si je fais un jour une distance supérieure à 42,195 km, cela pourrait être un 24 heures dans le cadre d’un événement caritatif ou alors un trail au dénivelé raisonnable.
Quel est ton rêve en tant que coureur ?
Mon rêve est de courir le plus longtemps possible. Pourquoi pas participer à un marathon (New-York) avec mon petit-fils pour mes 80 ans !
Quels sont tes prochains objectifs pour 2019 ?
Plaisir, plaisir, plaisir. J’ai également un projet d’écriture. A suivre.
Un dernier mot peut-être ?
Courir en fond de peloton m’a beaucoup apporté. Les véritables combats se déroulent là et je tire mon chapeau à tous ces anonymes qui vont au bout de leur rêve.

Merci Stephal et à tout bientôt pour de nouvelles aventures !

Commentaires (0)
Trackbacks (0)
Laissez un commentaire

Soumettre